En marge de la 8e conférence du forum sur la coopération sino-africaine à Dakar, au Sénégal, le président de la République démocratique du Congo (RDC) et président en exercice de l’Union africaine (UA), Félix Tshisekedi, s’est exprimé par vidéo conférence, au nom de toute l’Afrique.

Félix-Antoine Tshisekedi a salué le thème choisi pour la conférence d’aujourd’hui « Approfondir le partenariat Chine-Afrique et promouvoir le développement durable pour construire une communauté Chine-Afrique avec un avenir partagé dans la nouvelle ère ». Selon lui, cela « traduit parfaitement les espoirs placés par nos gouvernements et nos peuples dans notre partenariat stratégique ».

Ce dernier a indiqué qu’à l’heure actuelle, « l’Afrique fait face à deux défis majeurs qui conditionnent son recouvrement de la pandémie et son développement à savoir la santé et les infrastructures ».

En ce qui concerne la santé et la lutte contre la Covid-19, l’Afrique et la Chine se sont données la main pour combattre le virus. Le sommet extraordinaire Chine-Afrique du 17 juin 2020 sur la solidarité contre la COVID-19, s’est tenu avec succès et a donné lieu à de nombreuses actions concrètes.

« La volonté de la Chine de transférer son savoir-faire en matière de fabrication et de production de vaccins en Afrique est très appréciée par l’Union africaine », a indiqué Félix Tshisekedi.

Ce dernier a indiqué que « l’urgence aujourd’hui pour le continent est bien entendu, de faire face de manière efficace a la propagation du virus avec touts ses variants dont le dernière Onicron et la production et l’accessibilité des vaccins ».

Le président de l’UA a salué « ce bel élan de solidarité entre la Chine et le continent africain qui se matérialise par l’annonce aujourd’hui par le président Xi Jinping d’un milliard des vaccins pour l’Afrique ».

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Il a également dit apprécier « à leur juste valeur les efforts accomplis, notamment par la Chine dans le cadre du G20; ainsi que ceux de la banque mondiale, du FMI et des autres partenaires ».

Ce dernier a mit en exergue « l’allègement des dettes bilatérales entre la Chine et nos États restent une priorité pour l’Union africaine. Les efforts importants que la Chine a déployés pour soulager les économies africaines du poids de leurs dettes bilatérales sont louables et méritent d’être salués ».

« Il est cependant indéniable comme le relève la banque mondiale qu’un déficit de financement de l’ordre de 290 milliards de dollars US pour le continent existe de façon préoccupante ».

« C’est tout le sens de mon appel à la Chine pour qu’elle redouble ses efforts tendant à multiplier les mesures susceptibles d’alléger ce fardeau pour des économies nationales, déjà fortement affectées pour certaines par les menaces à la paix et à la sécurité. Beaucoup d’Etats membres à l’instar de ceux du Sahel consacrent, en effet, une part importante des budgets nationaux aux dépenses sécuritaires », a assuré Félix Tshisekedi.

Félix Tshisekedi a remercié le président Xi Jinping pour les mesures qu’il vient d’annoncer en faveur de l’Afrique à ce sujet. En effet, Xi Jinping a avancé quatre propositions sur la construction d’une communauté de destin entre la Chine et l’Afrique dans la nouvelle ère : insister sur la solidarité contre l’épidémie, approfondir la coopération pragmatique, promouvoir le développement vert et défendre l’équité et la justice.

Il a également annoncé neuf programmes de coopération pour les trois prochaines années, couvrant l’hygiène et la santé, la réduction de la pauvreté, le soutien à l’agriculture, la promotion du commerce, la stimulation des investissements, l’innovation numérique, le développement vert, le renforcement de capacité, l’échange culturel ainsi que la paix et la sécurité.

Pour conclure, il a appelé la Chine et l’Afrique à déployer des efforts conjoints dans la poursuite de «l’esprit d’amitié et de coopération Chine-Afrique» et dans la construction de la communauté de destin Chine-Afrique dans la nouvelle ère.

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Le président de la Commission de l’Union africaine a indiqué que la pandémie de la Covid-19 a mis en évidence la nécessité pour nous d’accélérer le développement des infrastructures afin de soutenir les services sociaux prioritaires de base tels que la santé, l’éducation.

Selon lui, l’accès à l’énergie et aux infrastructures des TIC est essentiel pour un développement durable du continent. D’ailleurs, en février 2021, les Chefs d’État africains ont adopté les priorités de l’Afrique en matière d’infrastructures pour la prochaine décennie sous la forme du deuxième plan d’action prioritaire du PIDA.

Le Plan directeur du continent en matière d’infrastructures, le PIDA, est l’un des piliers de la mise en œuvre de l’Agenda 2063 et en parfaite cohérence avec l’initiative « Belt and Road. « La cohérence de la ceinture, de la route et le PIDA jettent les bases d’une belle aventure de développement sino-africaine », a assuré ce dernier.

« Les projets intégrateurs et transfrontaliers, routes, chemins de fer, ports, aéroports, énergie, télécommunication doivent davantage retenir l’attention de ce partenariat entre l’Afrique et la Chine », a assuré le président de la République démocratique du Congo.

L’initiative Belt and Road « suscite des grands espoirs et attentes dans plusieurs domaines, notamment celui du développement des infrastructures, qui est confronté à trois défis majeurs : la hiérarchisation des priorités, la capacité et le financement. Il est prévu dans les jours à venir la signature d’un MOU entre la Commission de l’union africaine et la Chine à ce sujet », a souligné ce dernier.

Dans un avenir proche, les ministres de 53 pays africains vont examiner et adopter quatre documents stratégiques qui guideront notre partenariat dynamique pour les trois années à venir: le Plan d’action de Dakar (2022- 2024); la Vision 2035 pour la coopération Sino- africaine; la Déclaration Sino- africaine sur les changements climatiques; et la Déclaration de la huitième conférence ministérielle du FOCAC.

« Ces documents une fois adoptés, serviront de cadre à l’action commune vers l’objectif recherché, celui d’assurer une prospérité universelle à travers le développement de l’Afrique« , a assuré le président en exercice de l’Union africaine.