L’entrée en vigueur ce 6 juillet de taxes douanières réciproques sur des dizaines de milliards de dollars de marchandises fait entrer la Chine et les Etats-Unis, dans une guerre commerciale.

450 milliards de taxes contre les produits chinois

Les tarifs douaniers américains de 25% sur 34 milliards (28,6 milliards d’euros) d’importations chinoises, concernant 818 produits dont des voitures, des composants d’avions ou de disques durs d’ordinateurs tout en épargnant des biens populaires comme les téléphones portables ou les télévisions.

Le 5 juillet à minuit, Washington mettra en place sa liste, suivi par Beijing, qui compte taxer un total de 50 milliards de dollars d’importations américaines. Ces  taxes douanières affecteront des produits agricoles dont le soja, très dépendant du marché chinois, le secteur automobile ou encore des produits de la mer comme les langoustes.

50 milliards de dollars (41 mds €) d’importations chinoises seront touchées par les mesures américaines destinées à compenser le «vol» de propriété intellectuelle et de technologies, dont est accusé la Chine par le président américain, Donald Trump. Un second lot de 16 milliards (13,44 mds €) d’importations chinoises est actuellement à l’étude par le représentant au Commerce (USTR) Robert Lighthizer.

La situation risque de se détériorer, car Donald Trump a demandé à Robert Lighthizer «d’identifier 200 milliards de dollars (169 mds €) de biens chinois en vue de tarifs supplémentaires de 10%».

Le président américain a fait une autre menace de taxer encore 200 milliards de dollars de biens additionnels «si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers» en réaction.  Ces dernières mesures atteindraient 450 milliards (378 mds €), la valeur des produits chinois taxés, soit la quasi-totalité des importations venues du géant asiatique, ayant représenté 505,6 mds de dollars (425 mds €) en 2017.

Une situation inquiétante  

Dans une analyse publiée le 2 juillet et intitulée «la mauvaise approche» (thewrongapproach), la Chambre de commerce américaine a estimé à «environ 75 milliards de dollars» (63 milliards d’euros) le montant des exportations américaines touchées jusqu’à maintenant par les mesures de rétorsion des partenaires commerciaux des Etats-Unis.

«L’administration menace de saper les progrès économiques qu’elle a mis tant d’énergie à accomplir», a déploré Tom Donohue, le président de l’influente fédération patronale, estimant qu’il faut désormais «viser un commerce libre et équitable mais ce n’est pas comme cela que nous y arriverons».

Les entreprises commencent également à s’inquiéter de la situation. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a encore exprimé des inquiétudes sur la politique américaine «qui pourrait avoir des effets néfastes au-delà de l’économie de la première puissance mondiale, en provoquant des mesures de représailles et en sapant un système commercial multilatéral basé sur des règles d’ouverture et d’équité».

En dépit des craintes, Donald Trump est satisfait de sa politique, assurant que «l’économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays». Ce dernier continue dans un tweet qu’une «majorité de pays est d’accord sur le fait que ceux-ci doivent changer mais personne ne l’a jamais demandé».