Le Premier ministre japonais Fumio Kishida et ses homologues européens ont convenu de coopérer pour réaliser un Indo-Pacifique « libre et ouvert », alors que la guerre continue de la Russie en Ukraine et une Chine de plus en plus affirmée ont accru l’incertitude dans la région.

Face aux accords de coopération entre la Chine et la Russie dans la région asiatique, les dirigeants japonais et européens continuent de défendre un « système multilatéral ».

L’Union européenne tient surtout à éviter l’ouverture d’une nouvelle zone commerciale, alors qu’elle doit déjà gérer sur son continent la guerre en Ukraine.

En visite à Tokyo au Japon, les plus hauts responsables de l’Union européenne ont ainsi affirmé que la Russie constituait la « menace la plus directe » pour l’ordre international. Alors que Moscou et Pékin se sont rapprochés lors de « la guerre barbare contre l’Ukraine », l’UE a invité la Chine à « défendre le système multilatéral ».

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre japonais, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, accompagnée du président du Conseil européen Charles Michel, a évoqué le « pacte inquiétant avec la Chine » entre les deux pays.

Ces derniers ont également fait référence à la situation dans les mers de Chine orientale et méridionale ainsi que dans le détroit de Taiwan. Selon eux, comme la Russie sur les territoires de l’ex-URSS, la Chine ne cache pas ses ambitions en mers de Chine et sur Taïwan.

Des questions sur lesquelles l’UE se positionne plus clairement : « L’Indo-Pacifique est une région en plein essor. Il est aussi le théâtre de tensions (…) Prenez la situation dans l’est et le sud de la mer de Chine, et la menace constante de la (Corée du Nord). L’Union européenne souhaite jouer un rôle plus actif dans l’Indo-Pacifique. Nous souhaitons prendre plus de responsabilité dans une région si cruciale pour notre prospérité », a déclaré Ursula von der Leyen.

De son côté, Fumio Kishida a indiqué que les autorités japonaises restent « sérieusement préoccupées par la situation en mer de Chine orientale, y compris dans les eaux entourant les îles Senkaku et la mer de Chine méridionale », a-t-il déclaré.

Les Iles Senkaku/Diaoyu ont été une source de friction entre le Japon et la Chine alors qu’un conflit territorial perdure entre les deux pays concernant certaines îles administrées. « Nous soulignons l’importance de la paix et de la stabilité à travers le détroit de Taiwan et encourageons la résolution pacifique des problèmes qui traversent le détroit« , a indiqué le communiqué du Japon et de l’UE.

De son côté, Charles Michel a indiqué que « notre coopération en Ukraine est essentielle en Europe, mais elle est également importante dans la région indo-pacifique et nous voulons également approfondir nos consultations sur une Chine qui s’affirme de plus en plus ».

« Nous pensons que la Chine doit s’affirmer pour défendre le système multilatéral dont elle a bénéficié pour développer son pays », a-t-il ajouté.

Ursula von der Leyen a déclaré d’ailleurs que l’UE et le Japon renforçaient leur coopération, notamment avec le lancement d’un partenariat numérique. Autre domaine de coopération prévu : les chaînes d’approvisionnement qui devront être « diversifier et renforcer ».

« C’est important car il y a des matériaux et des technologies qui sont devenus essentiels à notre économie et à notre vie quotidienne, comme les semi-conducteurs par exemple. Nous devons pouvoir compter sur des chaînes d’approvisionnement dignes de confiance », a souligné la présidente de la Commission européenne. Cette dernière souhaite réduire la dépendance de certains pays européens, dont l’Allemagne, en vers la Chine.