Les Hongkongais ont commencé à voter le 19 décembre pour désigner leurs représentants au Conseil législatif de la cité, dans le cadre des nouvelles règles misent en place par Pékin.

À mi-parcours, la participation ne s’élevait même pas à 20%, selon les autorités. Ce 19 décembre, les Hongkongais ont voté pour choisir leurs représentants au Conseil législatif de Hong Kong.

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Des nouvelles consignes réduisent le nombre de sièges qui seront élus directement par les résidents. De plus, seuls ceux considérés comme «patriotes» peuvent se présenter.

Selon les chiffres officiels, 839 563 électeurs seulement avaient voté à la mi-journée du 19 décembre. Un taux de participation de 19% qui s’avère le plus bas, à mi-parcours, depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine, en 1997.

Avant le scrutin, Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif, avait affirmé qu’un faible taux de participation ne «voudrait rien dire». «Quand le gouvernement fait bien les choses et que sa crédibilité est forte, la participation des électeurs est moindre, car les gens ne ressentent pas vraiment le besoin de choisir de nouveaux représentants», a-t-elle assuré.

Selon de récents sondages indépendants, la cote de popularité de Carrie Lam se situe aux alentours de 36%. Malgré ces efforts, les derniers sondages prédisaient une participation de l’ordre de 48%, ce qui serait un chiffre historiquement bas.

Pour être autorisé à briguer un siège, chacun des 153 candidats a dû donner des gages de loyauté politique à l’égard de la Chine et de «patriotisme». De ce fait, les militants pro-démocratie ont été empêchés de se présenter ou y ont renoncé.

Sur les 90 sièges du Conseil législatif (le LegCo»), seuls 20 sont à pourvoir au suffrage universel, moitié moins qu’auparavant. Les autres sièges sont désignés par divers comités et groupes d’intérêt acquis au régime chinois.

Legco – Parlement d’Hong Kong

D’ailleurs, les 90 membres du septième mandat du Conseil législatif (LegCo) de la Région administrative spéciale de Hong Kong en Chine ont été élus ce 20 décembre matin.

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Les membres ont été élus par la circonscription du comité électoral (40 sièges), les circonscriptions fonctionnelles (30 sièges) et les circonscriptions géographiques (20 sièges) après que plus de 1,3 million de personnes ont voté dimanche.

Le chef de l’exécutif en conseil, conformément à l’ordonnance du Conseil législatif, a spécifié le 1er janvier 2022 comme date de début du septième mandat du LegCo de la RAS de Hong Kong. La durée du mandat du LegCo est de quatre ans.

Les nouvelles règles ont été mise en place par Pékin dans le cadre de la reprise en main de Hong Kong après les manifestations pro-démocratie de 2019. Tous les Hongkongais en âge de voter, soit environ 4,5 millions de personnes sur une population totale de 7,5 millions, peuvent participer au scrutin.

Le militant Chan Po-ying a expliqué à l’Agence France Presse que la cheffe de l’exécutif hongkongais «a dit que c’était une amélioration du système électoral, mais en réalité, cela a privé les Hongkongais de leur droit de vote».

Carrie Lam et ses ministres ont multiplié les appels à se rendre aux urnes. Le gouvernement a publié des pages de publicité dans les journaux, distribué des tracts dans les boîtes aux lettres et envoyé massivement des SMS pour rappeler aux Hongkongais d’aller voter. Les transports publics sont gratuits durant la journée électorale.

Conseil législatif de Hong Kong, appelé Legco

Le «LegCo» est l’organisme chargé de voter les lois à Hong Kong, dont le système légal reste distinct de celui de la Chine continentale.

Auparavant les personnalités acquises à Pékin se sont toujours vu accorder la majorité des sièges au Conseil, mais une minorité d’opposants y était tolérée. De fait, le Legco était alors un lieu de débats souvent très vifs, mais désormais les nouvelles règles ont mis un terme à cette tradition.

Plus d’une dizaine d’élus lors du précédent scrutin en 2016 sont actuellement en prison en vertu d’une loi sur la «sécurité nationale» imposée par Pékin en 2020, et trois ont fui à l’étranger.

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Pékin a affirmé que ce système électoral «amélioré» permettra d’éradiquer les éléments «anti-chinois», et de s’assurer que le «LegCo» adoptera plus rapidement les nouvelles lois. S’abstenir ou voter blanc ou nul est légal à Hong Kong. En revanche, encourager ces pratiques constitue depuis 2021 une infraction pénale.