La Banque populaire de Chine (BPC) garde un oeil attentif sur le différend commercial avec les Etats-Unis qui dure depuis plus de dix mois. Pour cette dernière, les taux d’intérêt de référence serait une solution de dernier recours si la guerre s’envenime.

D’après l’agence de presse britannique, Reuters, certains proches du dossier ont indiqué que le ralentissement économique est une priorité pour le gouvernement qui craint une baisse trop brutale de son économie. D’autant que Beijing craint qu’un assouplissement trop marqué de la politique monétaire gonfle la dette et alimenter les risques financiers.

Le Politburo doit se réunir ce mois-ci pour discuter des politiques économique et monétaire applicables jusqu’à la fin de l’année. Le gouvernement va s’attacher à stimuler la croissance par la voie budgétaire, accompagné d’une Banque Populaire de Chine émitrice en liquidités allouées sous diverses formes, comme cela a été fait ces 12 derniers mois.

D’après une des sources de Reuters, la banque centrale pourrait abaisser ses taux de référence si la conjoncture économique se dégradait encore. « Dans des circonstances particulières – un choc externe fort, une Fed qui continue d’abaisser les taux, une conjoncture mondiale mauvaise et un retour des frictions commerciales – il est possible d’abaisser (le taux de référence) une fois et ce surtout pour stabiliser la confiance du marché« , a indiqué cette dernière à l’agence britannique.

Une nouvelle réduction du coefficient des réserves obligatoires (RO) est probable, permettant de dégager un flux de crédit vers les secteurs économiques les plus justes financièrement, ont observé les sources. Ce coefficient a déjà été abaissé à six reprises depuis le début de l’année 2018.

« On a d’autres outils à notre disposition si une telle chose (un choc) ne se produit pas (…) les possibilités de baisser les RO (pour toutes les banques) sont limitées mais une baisse ciblée est plus facile« , a souligné la source.

Le gouvernement a fixé un objectif de croissance de 6% à 6,5% cette année et fera tout pour rester dans cette tranche. Cependant, le gouvernement ne veut pas ouvrir les vannes du crédit au profit d’une économie déjà très endettée.

La dette s’est stabilisée l’an dernier, mais recommence à augmenter avec les nouvelles mesures de soutien déployées par Beijing. La banque centrale a exhorté les banques à ne plus réduire les taux du crédit hypothécaire, redoutant une nouvelle bulle spéculative dans l’immobilier.

« La marge de manoeuvre est plutôt étroite car on a déjà beaucoup fait sur les fronts monétaire et budgétaire« , a expliqué une source, ajoutant qu' »on ne peut pas trop faire fonctionner la planche à billets; ça produit des effets secondaires ».

La dette de l’Etat, des entreprises et des ménages représentent 303% du Produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2019 contre 297% au premier trimestre 2018, a indiqué l’Institut of International Finance (IFF).

Pour le moment, le gouvernement s’attaque au secteur budgétaire, avec des réductions d’impôt représentant près de 2.000 milliards de yuans (259 milliards d’euros) et un quota de 2.150 milliards de yuans (279,5 mds €) ouvert pour l’émission d’emprunt par les autorités locales afin de financer de grands travaux. Les émissions des collectivités locales représentaient déjà 70,7% du quota annuel au premier semestre.