La Chine refuse de sanctionner les militaires birmans, a-t-elle indiqué lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le 11 janvier 2021, le Conseiller d’État et Ministre des Affaires étrangères Wang Yi s’est entretenu à Nay Pyi Taw avec la Conseillère d’État et Ministre des Affaires étrangères du Myanmar Aung San Suu Kyi.

La Chine rejette l’idée d’imposer des sanctions aux militaires birmans qui «ne feraient qu’aggraver la situation» et prône de «revenir à une transition démocratique dans ce pays», a déclaré mercredi 31 mars l’ambassadeur chinois à l’ONU, Zhang Jun, lors d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

«Si la Birmanie sombrait dans des turbulences prolongées, ce serait une catastrophe pour ce pays et la région dans son ensemble», a souligné l’ambassadeur de Chine aux Nations Unies, dont les propos ont été rapportés par un communiqué de la mission chinoise.

La Chine est préoccupée par la situation au Myanmar

Lors des consultations à huis clos du Conseil de sécurité des Nations Unies, le représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies, Zhang Jun, a indiqué que «la Chine est préoccupée par la situation au Myanmar. La violence et les effusions de sang ne servent les intérêts de personne, et c’est le peuple du Myanmar qui en souffre».

«La Chine espère que toutes les parties au Myanmar pourront garder leur calme, faire preuve de retenue et prendre des mesures avec une attitude constructive pour désamorcer et calmer la situation. La vie et les propriétés de la population du Myanmar ainsi que celles des ressortissants et entreprises étrangers doivent être protégées, et toute attaque les visant serait inacceptable», a noté le diplomate chinois.

Voisine de la Birmanie, «la Chine suit de très près la situation au Myanmar. Elle travaille avec toutes les parties au Myanmar et participe activement à la recherche d’un consensus au Conseil de sécurité».

La Chine souhaite le maintient de la stabilité et le développement du pays. Pour cela, elle préconise «de trouver une solution à la crise dans le cadre constitutionnel et juridique par le dialogue et la consultation, maintenir la stabilité politique et sociale, et continuer à faire progresser la transition démocratique au Myanmar», a affirmé Zhang Jun.

La Chine ne veut pas sanctionner la junte militaire

Zhang Jun, ambassadeur de Chine auprès des Nations unies

Cependant, la Chine a rejeté le 31 mars toute idée de sanction envers la junte militaire birmane, après avoir admit que la situation au Myanmar est extrêmement préoccupante, et exhortant le Conseil de sécurité à agir.

Des sanctions contre les militaires birmans qui ont renversé Aung San Suu Kyi « ne feraient qu’aggraver la situation », a affirmé l’ambassadeur de Chine à l’ONU, Zhang Jun. Il a toutefois appelé à « revenir à une transition démocratique dans ce pays ».

Admettant la « violence et les effusions de sang (qui) ne servent les intérêts de personne », et appelé « toutes les parties » à « garder leur calme (et) faire preuve de retenue », la Chine n’a pas assortie ses demandes d’une menace de sanctions, pourtant défendues par d’autres pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni.

De son côté, Christine Schraner Burgener, émissaire de l’ONU en Birmanie, a appelé «le Conseil à envisager tous les moyens à sa disposition pour prendre des mesures collectives et faire ce qu’il faut, (…) afin d’éviter une catastrophe multidimensionnelle au cœur de l’Asie».

La réunion en urgence du Conseil – demandée par le Royaume-Uni – s’est achevée après deux heures et quart de discussions. Selon des diplomates, la Chine a demandé un délai avant d’adopter une proposition de texte formulée par le Royaume-Uni. Si les États-Unis et le Royaume-Uni viennent d’annoncer une nouvelle salve de sanctions, la Chine et la Russie ont refusé de condamner officiellement le putsch.

La Chine soutient les pourparlers de paix

De son côté, le conseiller d’État et ministre des Affaires étrangères de la Chine, Wang Yi, a déclaré que la Chine « soutenait fermement la promotion de pourparlers de paix au Myanmar basée sur une approche de l’ASEAN et était favorable à la tenue d’une réunion spéciale des dirigeants de l’ASEAN pour mener une médiation concernant la situation au Myanmar au plus tôt ».

Ce dernier a fait ces remarques alors qu’il rencontrait la presse avec son homologue malaisien, Hishammuddin Hussein, dans la ville de Nanping (nord-ouest de la Chine).

Le ministre de la Chine a indiqué que « les parties concernées au Myanmar doivent prendre en compte les intérêts à long terme du pays et de la nation, lancer un dialogue et des consultations le plus tôt possible, dépasser le clivage dans le cadre de la constitution et de la loi et faire avancer constamment le processus de transformation démocratique durement gagné ».

Le ministre chinois a appelé « toutes les parties concernées à faire preuve de retenue ». Il a assuré que la Chine et la Malaisie « ont convenu que la communauté internationale devait respecter la norme fondamentale de non-ingérence dans les affaires intérieures et créer un bon environnement pour la réconciliation politique intérieure au Myanmar ».