mercredi, juin 19

La Chine dénonce les «calomnies» du Canada après la convocation de son ambassadeur

La Chine a dénoncé le 5 mai les «calomnies et diffamations» du Canada qui a convoqué son ambassadeur à Ottawa et envisage d’expulser des diplomates chinois, accusés d’avoir cherché à intimider un député canadien critique de Pékin.

Le quotidien canadien Globe and Mail avait publié le 1er mai un rapport estimant que le gouvernement canadien avait fermé les yeux sur de supposées «ingérences» des autorités chinoises dans les affaires canadiennes.

Le député canadien conservateur Michael Chong et sa famille, qui vit à Hong Kong, auraient supposément subi des pressions en raison des critiques du parlementaire à l’égard de la Chine. Des députés de l’opposition au premier ministre Justin Trudeau ont exigé des actions de la part du gouvernement.

Dans ce contexte, le ministère canadien des Affaires étrangères a convoqué le 4 mai l’ambassadeur de Chine pour évoquer ces allégations d’intimidations et pourrait aussi répliquer en expulsant des diplomates.

«Le Canada calomnie et diffame de manière infondée le fonctionnement normal des ambassades et consulats chinois au Canada», a déploré le 5 mai lors d’un point presse Mao Ning, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

«La Chine en est fortement mécontente et y est fermement opposée», a-t-elle souligné, assurant que l’ambassadeur de Chine avait «fait part au responsable du ministère canadien des Affaires étrangères» de ses «vives protestations».

Citant des documents classifiés et une source anonyme, le Globe and Mail a affirmé que l’agence de renseignement chinoise avait prévu de «viser» Michael Chong pour avoir voté, en février 2021, pour une motion assimilant le traitement réservé par la Chine à sa minorité ouïghoure à «un génocide».

Les Ouïghours, principalement musulmans de Chine, sont le principal groupe ethnique du Xinjiang, région sujette à des attentats sanglants attribués par les autorités à des islamistes et des séparatistes ouïghours.

Au nom de l’antiterrorisme, la Chine a lancé au milieu des années 2010 une vaste politique sécuritaire. Les États-Unis, qui ont érigé la Chine en rivale, parlent de «génocide».

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Des ONG occidentales accusent la Chine d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans dans des «camps de rééducation», voire d’imposer du «travail forcé». La Chine dénonce des rapports biaisés et parle de «centres de formation professionnelle» destinés à développer l’emploi et éradiquer l’extrémisme.

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