« La Chine proteste fortement contre les pratiques d’intimidation des Etats-Unis et s’y oppose fermement, et exhorte la partie américaine à cesser immédiatement ses pratiques erronées », a déclaré un porte-parole du ministère du Commerce.

Ce dernier a réagit aux sanctions économiques et commerciales américaines à l’encontre de la Chine, notamment l’inscription d’un certain nombre d’institutions et d’entreprises chinoises sur la « liste des entités » et l’adoption d’un projet de loi relatif au Xinjiang visant à interdire les importations en provenance la région.

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UNE LOI SUR LA PRÉVENTION DU TRAVAIL FORCE DES OUÏGHOURS

Le Sénat américain a adopté une loi bannissant les produits issus du travail forcé dans la région autonome de Chine, à majorité musulmane du Xinjiang.

La loi sur la prévention du travail forcé chez les Ouïghours a été adoptée à l’unanimité le 16 décembre par la chambre haute du Congrès (Sénat). Elle avait été adoptée par la Chambre des représentants, le 14 décembre.

Le principal initiateur du projet de loi, le sénateur Marco Rubio, un républicain de l’État de Floride, a déclaré que « nous avons dû nous battre contre le lobbying des grandes entreprises, l’opposition de la Maison Blanche de Biden et les menaces de la Chine communiste. J’ai même dû repousser le projet de loi sur la défense. Mais nous avons finalement adopté la loi #UyghurForcedLaborPreventionAct ».

La loi est désormais sur le bureau du président Joe Biden pour signature et promulgation. La loi vise à garantir que les produits issus – selon eux – du travail forcé des Ouïghours et d’autres personnes au Xinjiang ne soient pas commercialisés sur le marché américain.

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Elle exige également des entreprises américaines qu’elles prouvent qu’elles n’importent pas de biens provenant du Xinjiang et résultant du « travail forcé ».

Selon les données de l’ONU, au moins un million de Ouïghours sont maintenus dans un camp que Pékin qualifie de « centres de formation professionnelle », mais que les détracteurs de la Chine qualifient de lieux d’endoctrinement, d’abus et de torture.

Plusieurs pays occidentaux accusent la Chine de commettre un génocide contre les Ouïghours. Pékin nie tout acte répréhensible et qualifie ces allégations de « mensonges et (de) virus politique ».

POUR LA CHINE, WASHINGTON USE ET ABUSE DES SANCTIONS

D’ailleurs, le porte-parole du ministère du Commerce a indiqué que « les Etats-Unis ont abusé à maintes reprises du contrôle des exportations et des restrictions d’investissements et ont interdit des importations liées aux Xinjiang afin de réprimer continuellement les entités chinoises concernées, imposant des restrictions sur la coopération économique et commerciale normale entre les entreprises des deux pays ».

« Une telle manipulation politique par les Etats-Unis sape les principes du marché, viole les règles de l’OMC et les règlements économiques, et porte atteinte aux droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises ainsi qu’aux intérêts des entreprises et investisseurs américains », a déclaré le porte-parole.

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Ce dernier a indiqué que « de telles actions ne conduisaient pas à la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement du monde ni à la reprise de l’économie mondiale ».

« Les Etats-Unis ont également imposé des sanctions à des institutions de recherche médicale chinoises, ignorant l’esprit de la science et méprisant les principes humanitaires et les valeurs communes de l’humanité », selon lui.

Le porte-parole a appelé les Etats-Unis « à cesser de se mêler de la coopération économique et commerciale normale entre les entreprises chinoises et américaines, à arrêter d’empiéter sur les droits à la subsistance et au développement des personnes de tous les groupes ethniques du Xinjiang et à revenir sur la bonne voie de la coopération gagnant-gagnant ».

Le porte-parole a averti que « la Chine prendrait les mesures nécessaires pour sauvegarder résolument la souveraineté et la sécurité nationale ainsi que les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises ».