Les États-Unis vont demander à leurs alliés du Groupe des Sept d’accroître la pression sur la Chine vis-à-vis de ce qu’ils qualifient de travail forcé dans la province du Xinjiang, dans le nord-ouest du pays.

Selon Daleep Singh, conseiller à la Maison blanche, le président américain Joe Biden assistera en personne à une réunion du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, France, Italie et Canada) en Grande-Bretagne en juin 2021.

Joe Biden devrait mettre l’accent sur ce qu’il considère comme une rivalité stratégique entre les démocraties et les états autocratiques, en particulier la Chine.

Daleep Singh a déclaré que la réunion du G7 en Cornouailles serait axée sur la sécurité sanitaire, la réponse économique synchronisée à la pandémie de COVID-19, les actions concrètes sur le changement climatique et « l’élévation des valeurs démocratiques partagées au sein du G7. »

« Il s’agit d’alliés partageant les mêmes idées, et nous voulons prendre des mesures tangibles et concrètes qui montrent notre volonté de nous coordonner face aux économies n’ayant pas le statut d’économie de marché, comme la Chine« , a déclaré Daleep Singh.

Dans une interview accordée à l’agence de presse Reuters, le conseiller a indiqué que « le défi pour le G7 est de montrer que les sociétés ouvertes, les sociétés démocratiques ont encore les meilleures chances de résoudre les plus grands problèmes de notre monde, et que les autocraties ne sont pas la voie à suivre. »

Daleep Singh a déclaré que Washington avait déjà pris des mesures contre la Chine en raison des violations des droits de l’homme au Xinjiang. Cependant, Washington chercherait à poursuivre son lobbying afin d’avoir des alliances solides avec les membres du G7.

Des sanctions conjointes contre des responsables chinois accusés d’abus dans la province ont été annoncées le mois dernier par les États-Unis, l’Union européenne, la Grande-Bretagne et le Canada. La Chine nie toutes les accusations d’abus et a répondu par des mesures punitives à l’encontre de l’UE.

Lire aussi : La Chine rejette les accusations d’abus au Xinjiang

Daleep Singh a indiqué que les détails étaient encore en cours d’élaboration, mais le sommet devrait selon lui offrir aux alliés des États-Unis l’occasion de montrer leur solidarité sur cette question. « Nous avons clairement fait savoir que nos consommateurs méritent de savoir quand les produits qu’ils importent sont fabriqués en recourant au travail forcé », a-t-il déclaré.

Les activistes et les experts des Nations Unies affirment qu’au moins un million de musulmans, d’origine Ouïghour, ont été détenus dans des camps dans la région autonome chinoise du Xinjiang. Des militants et certains hommes politiques occidentaux accusent la Chine de recourir à la torture, au travail et à la stérilisation forcés. La Chine affirme que ses camps offrent une formation professionnelle et sont nécessaires pour lutter contre l’extrémisme.

 Lire aussi : Beijing admet l’existence de camps de détention pour musulmans

 La démarche de Joe Biden entre dans sa nouvelle stratégie de fermeté face à la Chine. Ce dernier a également lancé la création d’un groupe de travail au Pentagone chargé d’élaborer une stratégie militaire face à la Chine, tout en rappelant que l’usage de la force devait «être un outil de dernier recours».