Les États-Unis ont imposé le 10 décembre des sanctions contre deux dirigeants accusés de «violations graves des droits humains» à l’encontre de la minorité musulmane ouïghoure dans la région du Xinjiang (nord-ouest).

«Plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres minorités ethniques majoritairement musulmanes ont été détenus au Xinjiang» sous la direction d’Erken Tuniyaz, actuel président de cette région autonome, et de son prédécesseur Shohrat Zakir, a indiqué le ministère américain du Trésor.

Le ministère a indiqué dans son communiqué avoir sanctionné la société SenseTime, spécialiste de la reconnaissance faciale et accusée de servir la surveillance policière au Xinjiang.

Quelques jours auparavant, la Chambre des représentants a adopté un texte sur les importations du Xinjiang. Les entreprises devront désormais démontrer «avec des preuves claires et convaincantes» qu’aucun produit importé depuis cette région de la Chine n’a été fabriqué par du travail forcé.

La Chambre des représentants américaine a ainsi décidé de restreindre les importations venant du Xinjiang pour condamner le «travail forcé» de la minorité musulmane ouïghoure dans cette région du nord-ouest de la Chine, sur fond d’escalade des tensions entre Washington et Pékin.

Les membres de la Chambre basse ont approuvé à 428 voix contre une le texte. «En ce moment, Pékin orchestre une campagne de répression brutale et accélérée contre le peuple ouïghour et d’autres minorités musulmanes», a déclaré la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, avant le vote.

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«Au Xinjiang et dans toute la Chine, des millions de personnes subissent des violations scandaleuses des droits de l’homme: de la surveillance de masse et de la police disciplinaire à la torture de masse, y compris l’isolement en cellule et les stérilisations forcées, en passant par l’intimidation des journalistes et des militants qui ont osé exposer la vérité. L’exploitation du travail forcé par le gouvernement chinois traverse les océans jusqu’à nos côtes et dans le monde entier», a-t-elle souligné.

Le Sénat américain avait déjà voté un projet de loi similaire en juillet. Les deux textes devront être harmonisés. La version finale nécessitera ensuite une ratification du président Joe Biden, mais la Maison-Blanche ne s’est pas clairement exprimé sur un soutien au texte.

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Ce vote des représentants intervient quelques jours après l’annonce d’un boycott diplomatique par les États-Unis des Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 pour dénoncer ce que Washington qualifie de «génocide» de la minorité ouïghour et d’autres violations des droits humains.

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Dans un autre vote, la Chambre des représentants a adopté à l’unanimité une résolution déclarant que le Comité international olympique «n’a pas respecté ses propres engagements en matière de droits de l’homme» dans le cadre des doutes concernant la sécurité de la star chinoise du tennis Peng Shuai, qui a accusé un haut dirigeant du Parti communiste d’agression sexuelle.

De son côté, le ministère chinois du Commerce a indiqué que « la Chine s’oppose fermement au projet des Etats-Unis d’interdire les importations de produits en provenance de la région autonome ouïgoure du Xinjiang de la Chine et elle prendra des mesures nécessaires pour protéger ses droits et intérêts légitimes ».

« Le projet américain d’interdire les importations de produits du Xinjiang par la législation nationale et au nom des droits de l’homme est un acte d’unilatéralisme, de protectionnisme et d’intimidation », a déclaré le porte-parole du ministère, Gao Feng, lors d’une conférence de presse.

« Leur décision, qui ignore les faits, va totalement à l’encontre des principes de l’Organisation mondiale du commerce, sape sévèrement l’ordre économique et commercial international ainsi que les règles de libre-échange, nuira gravement aux intérêts des entreprises et des consommateurs des deux pays », a indiqué ce dernier.

Selon le ministère, « cette sanction endommagera gravement les droits de l’homme fondamentaux de tous les groupes ethniques au Xinjiang, tels que le droit à la subsistance et au développement ». Ce dernier a avertit que « cette décision exacerbera la pression sur la chaîne mondiale d’approvisionnement et affectera la reprise économique mondiale ».