Le Premier ministre, Li Keqiang, a déclaré à l’issue de la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale (APN), ce dimanche 26 juillet, que « la Chine continuait d’étudier les ajustements de sa politique de l’enfant unique appliqués en 2014 dans le but d’évaluer la nécessité d’adopter de nouveaux changements ».

Un premier pas entreprit en 2013

En décembre 2013, le Comité permanent de l’ANP a voté pour un nouvel assouplissement de la politique de l’enfant unique, qui a déjà évité 400 millions de naissance depuis 1979.

FAites du bon travail au planning familial pour promouvoir le développement économique. Affiche de Zhang Zhenhua, 1986

FAites du bon travail au planning familial pour promouvoir le développement économique. Affiche de Zhang Zhenhua, 1986

Une réforme a également été promise à la mi-novembre 2014. Tandis que le comité a adopté une résolution « pour autoriser les couples dont l’un des membres est enfant unique à avoir deux enfants« , encourageant les autorités provinciales à « amender leurs règlements et à prendre des actions spécifiques. »

Ces nouvelles règles entreront en vigueur « dans certaines provinces et régions » au premier trimestre 2014. Cependant, la règle de l’enfant unique s’applique seulement pour près de 63% des couples chinois. De plus, les couples riches n’hésitent pas à l’enfreindre, préférant payer l’amende.

De plus, les couples vivant en zone urbaine peuvent avoir un second enfant que si l’un des conjoints est enfant unique. Alors que dans les campagnes, les couples y sont autorisés si leur premier enfant est une fille.

L’assouplissement des règles est considéré comme un « progrès crucial » par des spécialistes, mais il ne devrait concerner qu’environ 10 millions de couples. Le but de cette décision est de freiner le vieillissement de la population, alors que le taux de fécondité est tombé à 1,5 enfant par femme depuis plus d’une décennie. Ce taux ne garanti pas le renouvellement des générations.

En 2012, pour la première fois depuis 1963, selon le Bureau national des statistiques (BNS), et d’après des estimations de l’ONU, 30% de la population chinoise seront âgés de plus de 60 ans en 2050.

Deux enfants pour dans quelques années

Pour certains démographes, cités par les médias chinois, « la Chine pourrait autoriser tous les couples à avoir un deuxième enfant dans les années à venir. » Cependant, « le principal sujet de désaccord sur la question, c’est de savoir quand et sous quelle forme la politique sera mise en œuvre« , a indiqué Yuan Xin, professeur d’études démographies à l’université Nankai de Tianjin.

« A mon avis, tous les couples devraient être autorisés à avoir un deuxième enfant après deux ou trois ans, selon la période de transition actuelle. Les politiques de planification familiale sont un sujet qui préoccupe la Nation entière, et les changements doivent être mis en place prudemment« , a estimé Yuan Xin à China.org.

Depuis 2013, plus d’un million de couples se sont enregistrés pour avoir un second enfant, avant la fin de l’année 2014, selon la Commission nationale de la santé et de la planification familiale.

« C’est une politique transitoire, qui s’accompagne d’un programme d’incitation pour stimuler la croissance démographique du pays, mais ce programme sera progressivement amoindri au cours des prochaines années« , a précisé Yuan, ajoutant que « ce sera alors le moment de mettre en place une politique autorisant deux enfants pour tous« .

Pour Yang Juhua, professeur d’études de développement démographique à l’Université Renmin de Chine, « il ne fait aucun doute que tous les couples du pays auront le droit d’avoir un second enfant au cours du 13e plan quinquennal (2016-2020) ». Cette dernière a indiqué que « ces changements profiteront le plus sont les fonctionnaires, qui sont davantage contraints par la politique que le reste de la population. »

Même son de cloche pour Zhai Zhenwu, directeur de l’Association démographique de Chine, qui prédit au Southern Metropolis Daily, un assouplissement de la politique de planification familiale.

Cet assouplissement est certes bien accueillit mais « le poids que fait peser une importante population sur les ressources, l’environnement et le développement social », reste un sujet d’inquiétude, a indiqué Song Shuli, porte-parole de la Commission de la santé et de la planification familiale.