Touché en premier par l’épidémie de nouveau coronavirus, la Chine a dû faire face à une pénurie de masque, l’obligeant à réorienter certaines industries pour en fabriquer massivement.

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En République de Chine (Taïwan), les autorités ont également lancé une vaste campagne de fabrication, leur permettant aujourd’hui de les exporter.

Sortie du pic de la contagion, le gouvernement chinois multiplie les envois de masques médicaux partout dans le monde, notamment en Europe, nouvel épicentre de la pandémie de Covid-19 avec plus de 5 000 morts recensés.

Le 18 mars, l’Union européenne a fait savoir qu’elle s’apprêtait à recevoir plus de 2 millions de masques (dont 200 000 de type N95, les meilleurs), en rappelant que «la Chine n’a pas oublié l’aide que la Commission lui a apportée en janvier».

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En France, où de nombreux soignants et autres professions exposées aux risques déplorent une grave pénurie de ces protections faciales, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a annoncé que Beijing en avait fait parvenir un million.

L’Italie et l’Espagne, les deux pays de l’UE les plus frappés par l’épidémie, avaient déjà réceptionné une cargaison de 1,8 million de masques envoyés par les autorités chinoises. A cela s’ajoute les 500 000 masques offerts à Madrid par le groupe privé Alibaba, géant chinois du commerce en ligne.

Jack Ma, fondateur et l’homme le plus riche de Chine, a aussi promis l’envoi d’un million de masques à destination des Etats-Unis «pour [les] aider à se battre contre la pandémie». La Chine a également fait don de 250 000 masques à l’Iran et 200 000 aux Philippines. Cette « diplomatie du masque » témoigne d’un réel élan de solidarité.

Avant la crise sanitaire du Covid-19, la Chine fournissait déjà près de la moitié des masques de la planète, avec 20 millions d’unités par jour. Début février 2020, au moment où la situation à Wuhan s’aggrave, les hôpitaux sont submergés et le personnel médical manque de matériel et d’équipements de protection. Les masques sont obligatoires pour ler personnel médical mais aussi la population.

Pour répondre à la demande, les autorités ont redoublé d’efforts. En un mois, le pays augmenté de 450% sa capacité de production de masques pour atteindre aujourd’hui plus de 110 millions d’unités quotidiennes.

«Seule la Chine a les moyens humains, matériels, et techniques de mettre en branle des usines pour produire une telle quantité de masques en si peu de temps. Ces ventes et ces dons de matériel médical pointent, en creux, les faiblesses de l’unité européenne. La Chine, elle, continue d’écrire son histoire», a expliqué Philippe Le Corre, auteur de l’Offensive chinoise en Europe, au quotidien frnaçais Libération.

Plus de 3 000 entreprises fabriquent des «masques, vêtements de protection, désinfectants, thermomètres et équipements médicaux» en plus de leurs autres productions, selon l’agence de presse, Xinhua.

Le constructeur automobile BYD «est capable de fabriquer cinq millions de masques et 300 000 bouteilles de désinfectant». Le géant de la pétrochimie, China Petroleum and Chemical Corporation, a investi l’équivalent de 25 millions d’euros dans la fabrication de masques médicaux.

Le gouvernement chinois a également rationné certains stocks pour mieux gérer la pénurie passagère. Lorsque les masques manquaient à l’appel, les particuliers ont dû passer par leur comité de quartier pour pouvoir les récupérer.

Dès décembre, les autorités taïwanaise, qui ne déplorent que 135 contaminés et deux décès, ont rationné les stocks en amont de la crise, interdit les exportations et investi plus de 6 millions d’euros dans les capacités de production (10 millions de masques par jour) en faisant tourner les usines en continu et avec le soutien des forces armées.

Anticipant toute pénurie, Taipei peut désormais se permettre d’en fournir aux autres pays. Depuis le 12 mars et jusqu’au 30 avril, Taïwan autorise l’exportation de masques. Un échange avec les Etats-Unis de 100 000 unités contre 300 000 tenues de protection a été décidé mercredi.