Drones de surveillance ou d’attaque et avion de guerre électronique ont été présenté par la Chine lors du plus grand salon aérien du pays, le « AirShow China » organisé à Zhuhai (Sud).

Ces nouveaux équipements l’armée de l’air de Chine ont été découvert dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis et Taïwan et au moment où la Chine espère avoir achevé d’ici 2035 la modernisation de son armée.

Si la Chine est loin d’avoir la puissance militaire des Etats-Unis, qui a un budget de défense trois fois supérieur, elle comble progressivement son retard, selon certains experts.

Un récent rapport des services de renseignement américains s’est alarmé de l’influence croissante de la Chine dans le monde, faisant de l’Empire du milieu la plus grande menace pour l’Amérique.

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Parmi les principales nouveautés exposées au salon de Zhuhai, le drone WZ-7 (14 mètres de long), destiné aux missions de reconnaissance et de patrouille maritime. Du côté des avions, la Chine a présenté le J-16D, un chasseur consacré à la « guerre électronique ».

Cela signifie qu’il servira à l’exploitation ou à la destruction des émissions radio et des systèmes de communication de l’adversaire. Selon des experts cités par les médias chinois, cet aéronef peut attaquer des installations radar ou des systèmes de détection et de commandement aéroporté (Awacs).

Ces deux engins, déjà au service actif, « joueront un rôle majeur dans le détroit de Taïwan et en mer de Chine méridionale », a déclare Song Zhongping, analyste militaire, à l’Agence France Presse.

Dans ces zones de tension, les prétentions territoriales de la Chine sont régulièrement contrariées par le passage de navires de guerre américains.

Autre engin présenté, un prototype du drone polyvalent de reconnaissance et d’attaque CH-6 (de la série CH pour « CaiHong » — « Arc-en-ciel »). Long de 15 mètres, d’une envergure de plus de 20 mètres, il devrait effectuer des vols d’essai en 2023.

Ce drone peut selon ses concepteurs évoluer à haute altitude (10.000 mètres), à grande vitesse (500-700 kmh) pendant 20 heures. Il peut également embarquer des radars, des systèmes de reconnaissance, des missiles ou encore des bombes air-sol.

Tous ces aéronefs sans pilotes permettent aux forces armées chinoises de faire de l’observation et de conduire des frappes dans des endroits jusqu’alors inaccessibles pour elles.

Face à des Occidentaux, ne désirant pas vendre leurs drones les plus avancés à d’autres pays, sauf à leurs proches alliés, la Chine est désormais considérée « comme fournisseur alternatif », aux tarifs abordables, a indiqué Kelvin Wong, du cabinet britannique Janes, spécialisé dans la défense, à l’AFP.

D’autant plus que cette année, le salon de Zhuhai présente un nombre « sans précédent » de drones, signe de la confiance croissante de la Chine dans sa maîtrise technologique, a souligné Kevin Wong. Des drones chinois sont déjà utilisés par plusieurs armées étrangères, comme l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

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Le chasseur J-16D symbolise « l’amélioration globale » des capacités de combat de la Chine, a déclaré James Char, expert à l’Université technologique Nanyang de Singapour. « On peut parler d’avancée importante, car ça donne à l’armée chinoise un avantage en termes de guerre électronique aérienne, contre des cibles qui ont d’importantes capacités de défense aérienne. »