Les dirigeants des pays de l’OTAN, réunis ce 14 juin en sommet à Bruxelles, s’accordent sur la Chine dans le cadre de leur politique sécuritaire au sein de l’Alliance atlantique.

Ce changement de stratégie de l’OTAN intervient au lendemain de la clôture du Sommet du G7, qui a appelé la Chine à respecter les droits de l’homme au Xinjiang et à Hong Kong.

Les 30 membres de l’Otan veulent montrer que l’organisation reste indispensable pour les Etats-Unis et leurs alliés face à la puissance militaire grandissante de la Chine.

« Nous savons que la Chine ne partage pas nos valeurs (…) nous devons répondre ensemble en tant qu’alliance », a déclaré Jens Stoltenberg à son arrivée au sommet.

« La Chine se rapproche de nous. Nous les voyons dans le cyberespace, nous voyons la Chine en Afrique, mais nous voyons aussi la Chine investir massivement dans nos propres infrastructures critiques », a-t-il déclaré en faisant référence à la multiplication des investissements chinois dans certains ports ou réseaux télécoms européens.

De son côté, Emmanuel Macron a estimé que la Chine n’était « pas le coeur du sujet« , dans la mesure où elle « ne fait pas partie de la géographie atlantique ». Pour le président français, « ce rendez-vous (…) doit être l’occasion (…) de consacrer (…) le fait que l’Otan doit bien clarifier quel est son rôle et sa stratégie ».

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Selon certains diplomates, le communiqué final du Sommet de l’OTAN ne devrait pas qualifier la Chine d’adversaire. D’ailleurs, Jens Stoltenberg a précisé que la Chine n’était pas un ennemi, mais le communiqué devrait refléter les inquiétudes de l’alliance.

Les pays membres vont évoquer un défi « systémique » pour la sécurité transatlantique, en pointant du doigt que la Chine et la Russie multiplient les manœuvres militaires, les cyberattaques et renforce rapidement sa marine.

Les dirigeants du Groupe des Sept ont déjà ciblé la Chine dans la déclaration finale de leur sommet, une initiative contre laquelle la Chine s’est élevé, accusant les puissances occidentales d’ingérence et de diffamation.

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Le président américain Joe Biden a appelé les alliés de l’Otan a affronter ensemble les «nouveaux défis» posés par la Chine et la Russie, dès son arrivée au siège de l’organisation pour un sommet.

«Il y a une prise de conscience croissante, ces deux dernières années, que nous avons de nouveaux défis. Nous avons la Russie qui n’agit pas d’une manière conforme à ce que nous avions espéré. Et aussi la Chine», a-t-il estimé lors de son premier entretien avec le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.

Joe Biden a insisté sur «la nécessité d’une plus grande coordination» entre les pays de l’OTAN, et a affirmé l’importance que représente l’Alliance pour les Etats-Unis.

«Je veux que ce soit clair. L’Otan est d’une importance capitale pour nos intérêts. Si elle n’existait pas, nous devrions inventer ce qu’elle permet à l’Amérique de faire dans le monde», a-t-il déclaré.