L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’est dit satisfaite de l’engagement dont ont fait preuve jusqu’à présent les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie concernant le projet de l’alliance AUKUS de fournir à l’Australie des sous-marins nucléaires.

Selon un rapport confidentiel de l’AIEA adressé aux États membres, et consulté par Reuters, « l’Agence, sur la base des consultations et des échanges techniques qu’elle a menés avec les parties de l’AUKUS à ce jour, est satisfaite du niveau de leur engagement ».

Dans le cadre de l’alliance entre Washington, Londres et Canberra annoncée l’année dernière, l’Australie prévoit d’acquérir au moins huit sous-marins nucléaires qui, selon le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, seront alimentés par de « l’uranium très fortement enrichi« , ce qui laisse entendre qu’il pourrait être de qualité militaire ou proche de celle-ci.

Le représentant permanent de la Chine auprès des Nations unies à Vienne, Wang Qun, a réitéré ses inquiétudes concernant ce transfert de matières d’armes nucléaires impliqué dans l’accord AUKUS. En septembre 2021, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont annoncé la création du partenariat AUKUS, dans le cadre duquel Washington et Londres aideront Canberra à acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire,

La Chine dénonce ce pacte trilatéral entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, et exhorte les trois pays à y renoncer en raison de risques de prolifération nucléaire qu’il comporte.

Wang Qun a réagit à la suite de la réunion du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui a décidé par consensus d’inscrire à l’ordre du jour un point officiel sur le « transfert de matières nucléaires dans le cadre d’AUKUS et ses garanties sous tous leurs aspects dans le cadre du TNP (Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires) », sur proposition de la Chine.

Selon le représentant chinois, cette décision « a déjoué la tentative de certains pays de détourner la réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA ». Il s’agit de la 4ème fois consécutive que « la question d’AUKUS est inscrite à l’ordre du jour officiel de la réunion trimestrielle du Conseil des gouverneurs de l’agence, ce qui reflète les préoccupations de la communauté internationale concernant le transfert de matières d’armement nucléaire impliqué dans l’accord ».

Ce dernier a également noté que ce transfert de matières nucléaires est « un problème de prolifération nucléaire », soulignant que le partenariat AUKUS « va au-delà du régime international de non-prolifération existant et du mandat du secrétariat de l’AIEA ». « La question ne devrait pas être traitée par les trois pays seuls, mais par les Etats membres de l’AIEA », a-t-il affirmé.

Wang Qun a exhorté « l’AIEA à rester neutre et à continuer de fournir une plate-forme permettant de gérer les risques de prolifération liés à l’accord AUKUS. Il a demandé aux États membres de l’AIEA de se concentrer sur le transfert illicite de matières nucléaires dans le cadre du pacte tripartite lors de la réunion en cours du Conseil des gouverneurs de l’agence et à rechercher des solutions pour sauvegarder le TNP ».