La Chine est le plus grand défi géopolitique auquel les États-Unis sont confrontés au XXIe siècle, un défi qui ne fait rien à côté de la Russie ou du Moyen-Orient, a déclaré le secrétaire d’État américain dans un discours décrivant les priorités de la politique étrangère de l’administration Biden, a rapporté le South China Morning Post.

Antony Blinken, chef diplomatie américaine

Si les États-Unis ne repoussent pas les efforts de la Chine pour «piétiner la démocratie», la Chine n’en sera que plus enhardie, a déclaré Antony Blinken dans une présentation vidéo du département d’État.

«La Chine est le seul pays doté de la puissance économique, diplomatique, militaire et technologique pour remettre sérieusement en question le système international stable et ouvert», a-t-il déclaré.

«Notre relation avec la Chine sera compétitive quand elle le devrait, collaborative quand elle peut l’être et contradictoire quand elle doit l’être. Le dénominateur commun est la nécessité d’engager la Chine à partir d’une position de force. »

Le discours d’Antony Blinken faisait écho à un «document d’orientation stratégique de sécurité nationale provisoire» de 23 pages publié par le président américain Joe Biden quelques heures plus tard.

Le document a été conçu pour «fournir une orientation aux ministères et organismes avant une nouvelle stratégie de sécurité nationale, que nous prévoyons de publier plus tard cette année», a expliqué l’attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki,.

La confrontation entre la Chine et les Etats-Unis est allée crescendo sous la présidence de Donald Trump. Au départ centrée sur des questions commerciales, les tensions ont viré au bras de fer sur tous les dossiers, des droits humains à la gestion du Covid-19 en passant par le sort de Hong Kong ou les accusations d’expansionnisme militaire en mer de Chine méridionale.

Sous la houlette de l’ex-secrétaire d’État Mike Pompeo, les tensions ont abouti à une crise inédite, semblable à une nouvelle Guerre froide. Antony Blinken a promis de «dialoguer avec la Chine depuis une position de force», afin de rechercher des sujets d’entente pour lutter contre le changement climatique, renforcer la sécurité sanitaire et promouvoir la non-prolifération.

Cette «position de force» à retrouver, c’est le message-clé des lignes directrices de la politique étrangère du président Joe Biden, qui met l’accent sur la nécessité de «revitaliser le réseau inégalé d’alliances de l’Amérique» et de redorer le blason de la démocratie.

La doctrine diplomatique de Donald Trump, empruntée au républicain Ronald Reagan, était aussi «la paix par la force». Mais la nouvelle équipe démocrate assure qu’elle n’avait de «force» que le nom.

«La vraie force, ce ne sont pas les fanfaronnades et les coups de menton. Elle ne s’appuie pas uniquement sur la puissance militaire», a critiqué Antony Blinken. Cela signifie défendre les droits de l’Homme, et de «travailler avec nos alliés et partenaires sans les dénigrer, car nos poids combinés rendent beaucoup plus difficile pour la Chine de nous ignorer», a-t-il assuré.

Raison pour laquelle, l’administration Biden a élevé le «Quad», cette alliance anti-Chine qui l’associe à l’Australie, à la Corée du Sud et au Japon, au rang de «principal atout stratégique de l’Amérique», à l’instar de l’Otan.