Le gouvernement chinois a annoncé, le 12 juillet, une croissance de 7,6% pour le second trimestre de cette année. Cette annonce inquiète les dirigeants chinois qui enregistre une croissance au plus bas depuis 2009.

La seconde puissance économique mondiale ralentie, laissant présager des temps difficiles pour la nouvelle équipe dirigeante. Face à cette conjoncture, le Premier ministre, Wen Jiabao, tente de rassurer : « le taux de croissance économique est toujours compris dans la fourchette d’objectifs fixés par le gouvernement plus tôt cette année, et les politiques de stabilisation fonctionnent ».

Ce dernier a expliqué à l’agence de presse, Xinhua, que « le rebond économique n’est pas stable et les difficultés pourraient continuer encore pendant un moment ».

Des données stables tout de même

De nombreux enjeux économiques et sociaux attendent la Chine

De nombreux enjeux économiques et sociaux attendent la Chine

Avec une économie principalement basée sur les exportations, la Chine a été impacté par la crise économique et financière, ainsi que la crise de la dette souveraine européenne, les restrictions sur l’immobilier et les surcapacités dans certains secteurs.

Ainsi, le pays est passé d’une croissance de 10,4% en 2010, à 9,2% en 2011, puis à 7,8% durant la première moitié de cette année, d’après les chiffres récemment publiés. Le taux au deuxième trimestre est le plus faible enregistré depuis les 6,6% du premier trimestre 2009.

Le ralentissement économique de la Chine est dû à « la détérioration de l’environnement international, qui a réduit la demande étrangère » pour les produits chinois, a expliqué lors d’une conférence de presse le porte-parole du Bureau chinois de la Statistique, Sheng Laiyun.

D’une part, les exportations vers l’Europe ont été particulièrement touchées et d’autre part, la demande intérieure a ralenti « sous l’effet des mesures de contrôle macro-économique, en particulier dans le secteur immobilier » a ajouté ce dernier.

Pour Ren Xianfang, analyste d’IHS Global Insight basée à Beijing, la Chine est incapable d’absorber une croissance moins forte. Toutefois, le gouvernement a stabilisé l’investissement en juin, grâce à des mesures de relance en accordant plus de 16% de prêts aux banques chinoises, par rapport au mois de mai.

De plus, pour éviter une diminution plus importante de son taux de croissance, le gouvernement a réduit son taux d’intérêt pour la seconde fois de ce mois-ci et diminuer à trois reprises les réserves obligatoires des banques, afin de leur permettre de prêter davantage.

Pas d’alarmisme

Les mesures prises par Beijing depuis le début de l’année ont permit de stabiliser la situation et de relancer faiblement l’économie. Les exportations et l’excédent commercial de la Chine se sont nettement améliorés par rapport à l’an dernier.

Selon les chiffres publiés, le 10 juillet, par les douanes chinoises, les exportations ont augmenté de 11,3 % sur un an le mois dernier, tandis que l’excédent commercial a grimpé de 42,9 % sur un an, pour atteindre 31,73 milliards de dollars (plus de 27 milliards d’euros), contre 18,7 milliards de dollars en mai (plus de 16 milliards d’euros).

De leur côté, les exportations se sont élevées en valeur à 180,21 milliards de dollars (plus de 156 milliards d’euros), en juin, soit une hausse de 9,2 % sur un an.

D’après Lu Ting, économiste de Bank of America – Merrill Lynch, cité par l’AFP, « le gouvernement pourrait prendre davantage de mesures d’assouplissement », comme de nouvelles réductions des réserves obligatoires et d’autres baisses des taux d’intérêt, d’ici la fin de l’année.

Le gouvernement a également la possibilité d’assouplir sa politique monétaire, grâce au recul de l’inflation, tombée en juin à 2,2% en rythme annuel.  En dépit des dernières données inquiétantes, l’état chinois reste confiant face aux objectifs fixés pour cette année, soit un taux de croissance fixé à 7,5% pour 2012.

L’économiste Sheng Laiyun a indiqué de son côté que l’économie devrait « continuer à connaître une croissance modérée et soutenue durant la deuxième moitié de l’année ».

D’autant plus que « le pire est sans doute passé et que nous allons assister à une certaine stabilisation, même une amélioration de la croissance au prochain trimestre », a commenté Sun Junwei, économiste de HSBC. Face à cette situation, Wen Jiabao a assuré que « stabiliser la croissance » était « la tâche la plus urgente » pour son pays, et non les prêts qui pourraient être octroyés aux fonds européens.