Le 18 août, le tribunal canadien a conclu le premier procès de l’affaire d’extradition de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei  mais a réservé sa décision.

Meng Wanzhou, directrie financière chez le géant chinois Huawei

Un avocat de la défense de Meng Wanzhou a conclu son argumentaire devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique en rappelant à la juge son rôle dans les audiences d’extradition de la directrice financière de Huawei.

Ce dernier a soutenu à la juge en chef adjointe Heather Holmes qu’une évaluation des preuves devrait guider sa décision de recommander ou non l’extradition de Meng Wanzhou aux États-Unis, où elle est accusée de fraude.

«Est-ce qu’un jury pourrait reconnaître quelqu’un coupable d’une infraction criminelle à partir de ces preuves devant vous? Selon nous, la réponse est non». Les avocats de la défense ont tenté de convaincre la juge que Washington a monté un dossier « bâclé », ne répondant pas aux exigences nécessaires pour entraîner une extradition.

La juge Heather Holmes sera chargée de déterminer si les États-Unis ont suffisamment de preuves pour appuyer un éventuel verdict de culpabilité lors d’un procès.

Selon Washington, Meng Wanzhou aurait menti lors d’une présentation devant la Banque HSBC au sujet des liens entre Huawei et la compagnie Skycom qui aurait fait des affaires en Iran. Elle aurait ainsi mis la banque dans une position risquée, car en violation avec les sanctions américaines contre l’Iran.

Les avocats du procureur général du Canada, qui représentent les États-Unis dans cette affaire, ont assuré que les mensonges présumés de Meng Wanzhou constituent clairement une fraude au Canada.

De son côté, Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille du fondateur du géant chinois des télécommunications, continue de nier les accusations qui sont portées contre elle.

Hua Chunying, porte parole ministre aff étran

La porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Hua Chunying, a expliqué qu’«en fait, au cours du procès, le juge canadien en charge de l’affaire a remis en cause à plusieurs reprises les accusations de fraude portées par les États-Unis contre Meng Wanzhou, qualifiant ces accusations de ‘peu claires’ et ‘inhabituelles’».

Selon elle, «les procureurs canadiens ont fait preuve d’auto-contradictions et d’allégations qu’ils ne peuvent justifier du tout. La Chine a souligné depuis le début que l’affaire Meng Wanzhou est purement un incident politique».

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«Le gouvernement américain a concocté l’incident non pas pour des raisons juridiques, mais pour empêcher les entreprises chinoises de haute technologie et entraver le développement scientifique de la Chine. Cela a été pleinement prouvé par plus de faits et pleinement reconnu par plus de gens. La partie canadienne a agi comme complice de la partie américaine et ne peut jamais se soustraire à sa responsabilité», a assuré Hua Chunying.

«Mme Meng Wanzhou n’a violé aucune loi canadienne mais a été détenue sans fondement par le Canada pendant près de 1 000 jours. La partie canadienne, agissant en tant que complice des États-Unis, a ignoré le fait que Mme Meng Wanzhou n’a violé aucune loi canadienne et l’a détenue arbitrairement et sans fondement. Cela constitue une coercition dans les manuels et une violation des droits de l’homme», a déploré la porte-parole de la diplomatie chinoise.

Le 18 août, le journal Global Times a publié une lettre ouverte à l’ambassadeur du Canada en Chine et a lancé une pétition en ligne appelant le Canada à libérer sans condition Meng Wanzhou.  

En moins de 24 heures, la pétition a recueilli plus de 6,5 millions de personnes ont ajouté leur nom à la lettre (148 816 693 chinois ont signé à l’écriture de cet article, le 1er septembre matin).

«C’est l’opinion publique chinoise. Nous espérons que le Canada pourra entendre cela. En même temps, nous avons remarqué que de nombreux Canadiens visionnaires ont demandé au gouvernement canadien de mettre fin à l’extradition de Mme Meng Wanzhou en vertu de la Loi sur l’extradition du Canada», a indiqué Hua Chunying.

Cette dernière a exhorté le gouvernement canadien à «écouter sérieusement ces voix pour la justice, à maintenir l’esprit et le courage de l’indépendance, à corriger immédiatement les erreurs, à libérer Mme Meng Wanzhou et à assurer son retour en toute sécurité dans la patrie dès que possible».