La Maison-Blanche a récemment publié une liste noire de 59 entreprises liées au «complexe militaro-industriel» de la Chine, et à la surveillance, dans lesquelles Washington interdit tout investissement américain, dans la suite des mesures misent en place par Donald Trump.

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«Les sanctions américaines frappant les investissements des entreprises chinoises, qui visent à ralentir le développement du pays asiatique, n’atteindront pas leurs objectifs, mais renforceront les centres financiers de la Chine», selon une tribune de l’analyste britannique Tom Fowdy publiée sur le site de la chaîne russe RT News.

Les marchés financiers américains sont les plus grands et les plus lucratifs du monde, mais ils ne constituent pas «une question de vie ou de mort» pour de nombreuses sociétés chinoises cotées, juge cet expert des relations internationales pour qui ces interdictions «ne dissuaderont pas des tiers d’investir en elles ».

Le décret «autorise les Etats-Unis à interdire – de manière ciblée et circonscrite- les investissements américains dans des entreprises chinoises qui portent atteinte à la sécurité ou aux valeurs démocratiques des Etats-Unis et de nos alliés», a justifié la Maison-Blanche dans un communiqué.

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Or « si les entreprises chinoises ont besoin d’importants capitaux, elles ont le choix entre deux valeurs sûres : Hong Kong et Shanghai, deux des plus grands centres financiers du monde », a indiqué Tom Fowdy.

«La confiance internationale dans les marchés chinois est forte», a assuré ce dernier, et «il existe peu de moyens concrets pouvant être utilisés pour empêcher les capitaux mondiaux d’affluer vers la Chine».

«Même si les Américains ne peuvent plus investir directement dans ces entreprises, ils le feront sans doute indirectement, car ils complèteront de manière irréversible le système financier et les marchés chinois, illustrant à quel point ces mesures auront dans la pratique très peu d’impact», selon l’analyste britannique en politique et relations internationales, diplômé des universités de Durham et d’Oxford.

Tout ce que ces interdictions parviendront à réaliser dans la pratique, poursuit-il, «ce sera de renforcer les perspectives des places financières en Chine en détournant de New York les capitaux de tiers vers Shanghai et Hong Kong».