Weibo, le service chinois de micro-blogging, similaire à Twitter, a annoncé le 28 avril à ses utilisateurs qu’il allait indiquer la localisation de leur adresse IP sur la page de leur compte et leurs commentaires, afin de lutter contre les « mauvais comportements » en ligne.

L’annonce, publiée sur le compte officiel de Weibo, a été vue plus de 200 millions de fois et a été le sujet de nombreuses discussions. Certains utilisateurs s’inquiètent de la baisse de la confidentialité en ligne. D’autres disent soutenir cette mesure, évoquant la désinformation sur le Covid-19.

« Surtout à un moment où la situation du COVID est encore grave, la révélation rapide de [la localisation de l’adresse] IP peut réduire efficacement l’apparition de contenus révoltants de la part des créateurs et diffuseurs de rumeurs », a défendu l’utilisateur UltraScarry.

Weibo compte plus de 570 millions d’utilisateurs actifs mensuels. La société a indiqué que cette mesure est entrée en vigueur le 28 avril et qu’elle ne peut être désactivée par les internautes.

Pour les utilisateurs en Chine, Weibo affichera la province ou la municipalité d’où ils postent, tandis que pour ceux qui utilisent Weibo à l’étranger, le service affichera le pays de l’adresse IP des utilisateurs, a-t-il précisé.

Ces nouveaux paramètres visent à « réduire les mauvais comportements tels que l’usurpation d’identité de parties impliquées dans des sujets sensibles, la désinformation malveillante, la récupération illégale des données et à garantir l’authenticité et la transparence du contenu diffusé », indique le service de micro-blogging.

Les effets des nouvelles règles étaient déjà visibles sous les commentaires, car des milliers d’utilisateurs portaient tous une étiquette supplémentaire indiquant la province ou la municipalité de l’adresse IP de l’utilisateur.

En mars 2022, Weibo a annoncé qu’il commencerait à tester ces paramètres sur certains utilisateurs suite à la publication d’informations erronées concernant la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

La Chine surveille étroitement son cyberespace. Au cours de l’année 2021, elle a intensifié ses efforts pour « nettoyer » Internet de ces fake news et de prise de position contraire à celle du gouvernement.

Les sites des réseaux sociaux chinois qui ne parviennent pas à censurer les contenus critiques s’exposent à des sanctions financières ainsi qu’à des suspensions temporaires de service en vertu de la loi en vigueur.

Weibo, qui a reçu plusieurs amendes de la part du régulateur chinois du cyberespace au cours de l’année 2021, publie fréquemment des avis sur ses efforts pour lutter contre les mauvais comportements en ligne, notamment en publiant les noms des comptes punis.

Cependant, il n’a pas abordé publiquement les cas de comptes suspendus ou interdits pour avoir simplement exprimé des opinions dissidentes, comme soutenir l’Ukraine ou critiquer la Russie à propos de la guerre en cours.