De notre stagiaire Marie-Lou Cazillac – Devenu sujet de toutes les conversations, Chen Gao, né en 1994, sera bientôt maître de conférences au centre de recherche en géométrie et physique de l’Université des sciences et technologies de Chine.

À 12 ans, le jeune homme était déjà au lycée ; à 14 ans, il était à l’université et à 18 ans, il partait aux États-Unis pour son doctorat. C’est à l’âge de 23 ans qu’il devient chercheur postdoctoral avant de se convertir à l’enseignement à 26 ans, alors qu’il s’apprêtait à conquérir le domaine de la géométrie différentielle et à s’attaquer à ses problèmes les plus complexes.

Son père, Chen Qianlin, préconise l’autodiscipline, l’auto-apprentissage et l’autonomie, afin que les enfants puissent devenir des adultes heureux, détendus et dignes de respect.

La clé d’une vie auto-disciplinée, de l’auto-apprentissage et d’une personnalité autonome est détenue par le préfixe « auto- », autrement dit l’envie d’apprendre. La meilleure éducation familiale est d’inspirer et de cultiver la capacité des enfants à apprendre de manière indépendante.

Découvrir la joie d’apprendre est l’un des raccourcis les plus efficaces pour un apprentissage en autonomie. Les gens ne se soucient pas du temps investi dans une activité qui les intéresse, car cela devient un jeu pour eux.

Ils sont alors facilement absorbés par ce qu’ils font et incapables de s’en détacher. C’est ce que l’on appelle le « flow » (état mental atteint par une personne lorsqu’elle est entièrement plongée dans une activité). Tant que l’apprentissage sera volontaire, surmonter des difficultés deviendra un défi passionnant plutôt qu’un obstacle douloureux.

Cependant, les parents qui ne croient pas que leurs enfants ont la capacité d’apprendre de manière autonome, et qui se tournent vers une aide extérieure à la place, sont rares. Récemment, après un grand incendie dans une école privée, les demandes pour des cours parascolaires sur Taobao ont doublé. Il semblerait que chaque enfant doive assister à des cours à domicile afin de ne pas être en retard par rapport aux autres. Le « tutorat » est, en réalité, la philosophie éducative des parents.

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L’année dernière, un dicton s’est répandu sur internet : « J’aime apprendre, et ça rend ma mère heureuse ! ». S’il s’agit d’une blague de lycéen, elle reflète tout de même les pratiques mises en place au sein de l’éducation familiale. Cela équivaut à dire : je n’ai pas envie d’apprendre, mais je suis forcé(e) de le faire !

Une excellente éducation familiale enseignerait aux enfants que l’objectif de l’apprentissage n’est pas de réussir un examen et de faire face parents ou aux enseignants, mais plutôt d’acquérir des connaissances et de renforcer ses capacités.

L’auto-apprentissage ne répond pas à une forme d’oppression extérieure, ni à la recherche d’un bénéfice immédiat, mais à une impulsion qui vise à satisfaire un besoin interne, au niveau de l’estime de soi et de la responsabilité sociale, par exemple.

La seule condition pour motiver l’apprentissage est de « croire ». Les parents doivent croire que réfléchir et apprendre sont des instincts humains. Tout le monde est né avec la volonté d’apprendre. La curiosité et la soif de connaissance sont innées chez tous les enfants.

C’est comme croire qu’une graine, une fois plantée et arrosée avec une lumière et une température appropriées, continuera de pousser, de germer, de se renforcer et de fleurir jusqu’à porter ses fruits. Ce n’est qu’avec cette confiance comme point de départ que les enfants sauront comment apprendre de manière autonome et obtiendront la meilleure des éducations.