Le Conseil des Affaires d’Etat a révélé ce 19 mai 2015 son plan national, intitulé « Made in China 2025« , portant sur la promotion de l’industrie manufacturière. Autorisé par le Premier ministre chinois, Li Keqiang, ce premier plan d’action sur dix ans vise à transformer le géant manufacturier qu’est la Chine en une puissance mondiale manufacturière, note l’agence de presse, Xinhua.

Comme annoncé en début d’année, la Chine se lance dans un nouveau cycle de consolidation industrielle, via un vaste plan destiné à redynamiser l’économie, passant en premier lieu par une réforme des entreprises d’État jugées « inefficaces« , bien qu’elles dominent certains secteurs cruciaux de l’économie de la Chine. Une critique lancée au moment où le pays lutte pour maintenir le rythme effréné de croissance et tente de résorber le ralentissement de son économie.

China_Railways_HXD1B_Manufacture_FactoryDévelopper à l’international le secteur manufacturier

Il s’agira donc d’accroître la compétitivité mondiale de l’industrie chinoise, d’autant que « nous avons un développement déséquilibré et inégal. De manière générale, nous sommes encore tout en bas de la chaîne manufacturière », a expliqué Liu Baicheng, de l’académie chinoise d’Ingénierie à CCTV.

Ce plan de dix ans sera également un moyen pour les grandes entreprises d’état de concurrencer des géants mondiaux, en majeure partie américain. Pour cela, ce plan initial sera suivi de deux autres plans, dont « Internet +« , qui viseront à transformer le système économique de la Chine. Le gouvernement veut s’assurer de la réussite de ce plan, afin de marquer le 100ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, en 2049.

Pour le ministre de l’Industrie et de l’Informatisation, Miao Wei, avec ces « 10 ans d’efforts, nous pourrons nous placer dans la deuxième classe manufacturière mondiale et poser les bases d’un développement futur ». Le parie est levé, les autorités espèrent réformer en profondeur leur économie d’ici 2025, « cette initiative élèvera (donc, ndlr) l’ensemble du secteur manufacturier, afin d’y appliquer les idées et les leçons apprises d’autres pays du monde et poussera le développement de manière générale, tout en stimulant l’innovation et en améliorant les efforts », a indiqué le ministre à CCTV.

Raison pour laquelle, l’accent sera mit sur la promotion des secteurs clés comme les NTIC, les machines-outils à commande numérique et les robots, les équipements aéronautiques, les équipements d’ingénierie océanique et les navires high-tech, les équipements ferroviaires, les économies d’énergie et les véhicules à énergie nouvelle, les équipements liés à la production d’énergie, les nouveaux matériaux, la médecine biologique et les instruments médicaux, et les machines agricoles.

Modifier le fonctionnement des entreprises

Toutefois, la priorité sera d’améliorer l’innovation manufacturière, d’intégrer les technologies de l’information et l’industrie, de consolider les fondements industriels, de favoriser les marques chinoises, de renforcer l’industrie manufacturière verte, de promouvoir des percées dans dix secteurs clés, faire avancer la restructuration du secteur manufacturier, de promouvoir la production orientée par les services et les services liés à la production, et d’internationaliser le secteur manufacturier, a précisé le site d’information.

Ce plan de restructuration se penchera aussi sur des questions allant de la création de sociétés de gestion d’actifs pour superviser l’actionnariat d’État, à l’introduction d »investissement non étatique, mais également les régimes de rémunération liés au rendement dans les entreprises contrôlées par le gouvernement.

Ce plan « Made in China 2025« , fait partie de la politique économique présentée par le Président Xi Jinping, qui veut augmenter les performances des entreprises chinoises dans certains secteurs clés, pour éviter un ralentissement trop long de l’économie du pays et créer suffisamment d’emploi pour éviter une révolte sociale, priorité des gouvernements successifs.

« La Chine veut créer plus d’entreprises compétitives au niveau mondial », a de son côté assuré, à Reuters, Andrew Baston, directeur de recherche du conseil GaveKal Dragonomics à Pékin. « Une façon de le faire est de forcer les entreprises à devenir plus grand » a-t-il ajouté.

Même son de cloche pour Miao Wei, qui a assuré que « l’objectif ici est de faire passer la Chine du statut de grand pays manufacturier à une puissance manufacturière. » Cela passera par « l’intégration coordonnée des technologies de l’information et de l’innovation industrielle (qui, ndlr) seront la base de cette transformation ».