mardi, juillet 16

La Russie et la Chine trouvent une solution pour contourner les sanctions américaines

La Russie et la Chine trouvent une solution de paiement alors que les sanctions américaines s’élargissent, selon certaines sources. De son côté, Pékin a autorisé les petites banques du nord-est de la Chine à faciliter les paiements avec la Russie.

Les possibilités commerciales entre la Russie et la Chine se sont réduites depuis que les États-Unis ont imposé des sanctions à la seule succursale bancaire russe en Chine, mais la visite du président Vladimir Poutine en Chine a permis de garantir que les deux pays disposent pour l’instant d’alternatives de paiement, ont déclaré trois sources à l’agence de presse, Reuters.

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Un système de détournement risqué

Depuis la visite de Vladimir Poutine, des banques spécialement agréées ont été créées dans les régions frontalières, permettant aux entreprises russes d’ouvrir des comptes de non-résidents (NRA) auprès de banques chinoises. Cette mesure est devenue plus importante depuis que la succursale de VTB à Shanghai a été visée par des sanctions américaines.

Les échanges commerciaux entre la Russie et la Chine ont atteint le chiffre record de 240 milliards de dollars en 2023. Le maintien des flux de revenus et de marchandises, indispensable pour Moscou, dépend de la fluidité des paiements.

Pour contourner les sanctions, les deux pays se basent sur des banques régionales plus petites qui peuvent pour l’instant passer sous le radar des sanctions américaines.

La Chine et la Russie sont ainsi obligés de prendre des mesures de plus en plus complexes pour garantir la continuité des paiements bilatéraux, tout en exposant potentiellement certaines sociétés financières chinoises aux sanctions américaines lorsqu’elles cherchent à contourner les restrictions, a indiqué Reuters.

L’utilisation de banques situées dans les régions frontalières permet aux intermédiaires travaillant pour le compte d’entreprises russes de passer d’une région à une autre sans trop de difficulté. Ce système fait appel à de petites banques ayant peu ou pas d’activités avec des pays que la Russie considère comme hostiles, et réduit les possibles retombées pour la Chine.

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Cependant, ce système pourrait atteindre ses limites, car les États-Unis tentent d’identifier les petites banques dont les services de conformité sont plus faibles et qui aident encore à traiter des transactions contribuant à la production militaire de la Russie.

Le commerce avec la Chine est devenu plus important pour la Russie depuis son intervention militaire en Ukraine en février 2022. Les banques russes ont été exclues du système de paiement mondial SWIFT, et de nombreux pays et entreprises occidentaux ont rompu leurs liens avec la Russie.

« Après la visite (de Poutine), des banques sont apparues dans l’une des provinces chinoises et ouvrent des comptes NRA pour des entreprises russes sur le territoire chinois », a déclaré une source bancaire à l’agence de presse, Reuters. .

Quelques petites banques, situées près de la frontière dans le nord-est, travaillent encore avec la Russie, selon une source de Reuters. Mais aucunes grandes banques et banques de taille moyenne ne travaillent avec la Russie.

Interrogé par Reuters, Evgeny Kogan, banquier d’affaires et professeur à l’École supérieure d’économie de Russie, a expliqué « après que les États-Unis ont sanctionné un plus grand nombre d’entreprises chinoises, il est possible que beaucoup d’entre elles aient décidé de cesser toute activité commerciale avec la Russie et que les importations en provenance de Chine chutent ». « Les sanctions imposées aux filiales des banques russes en Chine posent également des problèmes », a-t-il ajouté.

La succursale de VTB à Shanghai sanctionnée

La VTB (Vnechtorgbank), seconde banque de Russie, avait été sanctionné, mais le Trésor américain a décidé de modifier les restrictions imposées aux banques russes déjà visées pour y inclure les entités étrangères, y compris la succursale de la VTB à Shanghai. Cette mesure compliquerait les flux de paiement, selon certaines sources. Ces dernières s’attendent à ce que les banques chinoises cessent toute relation avec la succursale de Shanghai.

Reuters a ainsi expliqué que « lorsqu’une entreprise russe achète ou vend des biens ou des services à un partenaire commercial chinois, elle doit être en mesure de recevoir ou de verser des liquidités par l’intermédiaire de systèmes de paiement gérés par les banques ».

La menace de sanctions secondaires, pouvant priver les institutions de l’accès au dollar, a effrayé les banques chinoises qui ne veulent pas perdre l’accès aux marchés mondiaux. Bien que les échanges sont lucratifs avec la Russie.

Une des sources de Reuters a indiqué que les banques russes non sanctionnées étaient encore acceptables pour les partenaires chinois, mais que les restrictions américaines avaient un impact trop important, même les banques chinoises spécialement autorisées bloquent les règlements.

Les entreprises russes peuvent ouvrir un compte NRA auprès d’une banque chinoise, où créer une filiale chinoise et ouvrir des comptes dans le pays.

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