Wang Quanzhang a été condamné le 28 janvier à quatre ans et demi d’emprisonnement pour « subversion ».

Ce dernier est l’un des plus célèbres avocats spécialisés dans les droits de l’homme en Chine. Il avait défendu des militants politiques, des membres du Falungong ou encore des paysans dépossédés de leurs terres.

Wang Quanzhang a été « reconnu coupable de subversion de l’Etat, condamné à quatre ans et six mois de prison et déchu de ses droits politiques pendant cinq ans », a indiqué dans un communiqué le Deuxième tribunal populaire intermédiaire de Tianjin.

Il faisait partie d’un groupe d’environ 200 défenseurs des droits de l’homme (avocats, juristes ou militants) à avoir été arrêtés en juillet 2015. La très grande majorité d’entre eux a depuis été relâchée.

Le cas de Wang Quanzhang avait suscité l’inquiétude de plusieurs pays, notamment l’Allemagne dont la chancelière, Angela Merkel, avait rencontré sa femme Li Wenzu au printemps dernier lors d’une visite à Pékin.

Après avoir été détenu au secret, l’avocat avait été formellement inculpé de subversion en janvier 2016. Il a finalement été jugé à Tianjin le 26 décembre 2018, mais à huis clos car « l’affaire comportait des secrets d’Etat », avait indiqué le tribunal.

Son épouse n’avait pas pu se rendre à son procès. Elle a mené une vaste campagne médiatique auprès des médias étrangers afin de soutenir son mari.

En avril 2018, elle avait tenté une marche de 100 km vers le centre de détention où il était détenu afin d’attirer l’attention. En décembre, accompagnée de trois sympathisantes, elle s’était symboliquement rasé la tête avant de tenter de saisir un tribunal de Pékin du sort de son époux.

Des organisations internationales de défense des droits de l’homme ont vivement condamné le verdict annoncé le 28 janvier. Pour Amnesty International, la peine de prison de Wang Quanzhang est une « grave injustice ».

« Sa condamnation fait partie de la répression actuellement menée par le gouvernement chinois contre les avocats des droits de l’homme », a indiqué à l’Agence France Presse, Maya Wang, chercheuse à Human Rights Watch.

Wang Quanzhang ayant déjà effectué plus de trois ans de détention, il devrait pouvoir sortir de prison « dans un peu plus d’un an« , a indiqué sur Twitter Doriane Lau, chercheuse à Amnesty International.