Madagascar est connue pour son trafic de bois de rose, exporté massivement vers la Chine, même si la coupe et l’exportation sont depuis peu interdites. Désormais, les chinois se tournent vers l’Afrique de l’Ouest et en particulier du Ghana.

Le Ghana voit depuis quelques années sortir d’importants stocks de bois de rose, au-delà de ce que la biodiversité autoriserait. William K. Dumenu, chercheur à l’institut forestier du Ghana et auteur d’un rapport sur le sujet, a expliqué au micro de RFI, que

«le niveau auquel nous exploitons de bois de rose n’est pas durable. Nous abattons plus d’arbres qu’il n’en pousse naturellement. Il n’y a pas de plantations artificielles de bois de rose au Ghana. C’est à l’état naturel. Ces arbres se régénèrent par eux-mêmes. Donc, il faut couper à un rythme qui autorise la reproduction. Mais on en prend trop. Il faut savoir qu’il faut entre 40 et 100 ans même pour que le bois de rose atteigne la maturité pour être exploité».

Cette exploitation excessive est possible en raison de failles dans la législation ghanéenne qui autorise l’abattage du bois de rose par les communautés forestières pour leur usage local. Mais, le texte peut être facilement détourné pour permettre au bois d’être vendu en Chine.

Selon William Bandoh, spécialiste de la biodiversité à l’Institut forestier du Ghana, les chinois sont responsabble de la violation de la loi :

«Les Chinois utilisent de l’argent, beaucoup d’argent, des millions de dollars. Ils ont entrepris de monopoliser la culture d’État et l’appareil d’État. Ils viennent avec leurs énormes quantités d’argent et avec leurs contacts locaux, ils essaient d’influencer les fonctionnaires des forêts, ils influencent les politiciens, les communautés locales et les chefs. Ils ont mis en place un système de pots-de-vin qui va de la forêt jusqu’au port d’exportation du bois. Il y a un système de corruption sophistiqué financé par l’argent chinois».