Le film The Nevernight Connection, diffusé le 30 septembre par le FBI, vise à alerter les américains sur les menaces d’espionnage étrangères, notamment venant de la Chine. Ce court-métrage de 26 minutes a été mal reçu en Chine, qui accuse Washington de vouloir « empoisonner les relations sino-américaines ».

Coproduit par le FBI et le Centre national de contre-espionnage et de sécurité (NCSC), le film est dirigé contre la Chine : musique chinoise, accusation directe, les sites net des médias américains interdits en Chine, …

Sur sa chaîne youtube, le FBI écrit que ce film est « inspiré par le cas de l’ancien officier de la CIA Kevin Mallory », et détaille un « récit fictif d’un ancien responsable de la communauté du renseignement américain qui a été ciblé par la Chine via un faux profil sur un site de réseautage professionnel et recruté pour tourner sur des informations classifiées avant d’être arrêté ».

Le FBI et le NCSC « cherchent à sensibiliser à ce problème et à aider les personnes du secteur privé, les communautés universitaires et de recherche et d’autres agences gouvernementales américaines à se prémunir contre cette menace posée par les services de renseignement étrangers », surtout la Chine.

Le film raconte le recrutement d’un officier américain par les services d’espionnage de Chine. Son titre fait d’ailleurs référence à Shanghai, surnommée « Nevernight City », « la ville où il ne fait jamais nuit ».

La diffusion de The Nevernight Connection a suscité une réaction très vive de la part de la Chine. Interrogé par le quotidien proche du gouvernement, Global Times, Lü Xiang, chercheur à l’Académie chinoise des sciences sociales de Pékin, a expliqué que « le film tente d’empoisonner les relations sino-américaines. Certains politiciens américains considèrent maintenant la Chine comme ‘un ennemi’ dans tous les aspects, y compris la culture, la politique, l’économie et l’armée ».

Le but des États-Unis est de diffamer la Chine, afin de détourner l’attention du public des diverses questions intérieures aux États-Unis, « mais de telles astuces ne feraient que plonger les américains plus profondément dans leur situation difficile », a-t-il déclaré.

De façon générale, les experts interrogés estiment que « les États-Unis, bien connus pour être les espions les plus actifs au monde, ont coutume d’accuser la Chine de piratage et d’espionnage sans fournir aucun élément de preuve ni de démonstration crédible ».

Le journal rappelle d’ailleurs les propos du porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, en juillet : « il est de notoriété publique que les États-Unis mènent un programme d’espionnage agressif dans le monde entier, n’épargnant pas même leurs alliés ».

De plus, ce film anti-Chine s’ajoute à celui diffusé par Steve Bannon, «Claws of the Red Dragon», qui signifie «Les griffes du dragon rouge». L’ancien conseiller stratégique de Donald Trump met en scène l’«affaire Meng Wanzhou», directrice financière du géant chinois des télécommunications, Huawei.

Steve Bannon voulait alerter les téléspectateurs sur la menace que représente la Chine pour l’Occident. Idéologue controversé du national-populisme trumpien, il estime qu‘ »il est dix fois plus important de fermer Huawei aux États-Unis que de conclure un accord commercial ».