La Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet a reconnu le 25 août ne pas savoir si son rapport très attendu sur le Xinjiang pourrait être publié avant la fin de son mandat le 31 août comme elle l’avait assuré.

«Nous travaillons sur le rapport. J’avais pleinement l’intention de le publier avant la fin de mon mandat, et nous avons reçu des contributions substantielles du gouvernement que nous devrons examiner attentivement, comme nous le faisons chaque fois pour tout pays. (…) Nous faisons de notre mieux pour faire ce que j’ai promis», a-t-elle déclaré, en conférence de presse.

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«Ai-je été sous pression? Nous avons toujours été sous pression de divers côtés, de tous les côtés et dans toutes les situations je dirais», a-t-elle dit. «Dans ce cas, j’ai été soumise à d’énormes pressions pour publier ou ne pas publier (le rapport), mais ce ne sont pas ces pressions qui feront que je le publie ou que je renonce à sa publication».

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Le Xinjiang a longtemps fait face à des attentats sanglants attribués, selon les autorités, à des séparatistes et islamistes ouïghours – le principal groupe ethnique de la région. Depuis, cette région chinoise fait ainsi l’objet depuis quelques années d’une politique sécuritaire draconienne.

Selon plusieurs pays occidentaux et organisations indépendantes, Pékin a interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans, tels que les Hui, les Kazakhs, Kirghiz, dans des «camps de rééducation» au Xinjiang, voire d’imposer du «travail forcé» ou des «stérilisations forcées».

La Chine dément fermement ces accusations et présente les «camps» comme des «centres de formation professionnelle» destinés à combattre l’extrémisme religieux et à former les habitants à un métier.

Lors d’une rare visite en Chine en mai, Michelle Bachelet avait appelé Pékin à éviter les mesures «arbitraires» au Xinjiang, tout en dénonçant les «actes violents d’extrémisme» dans la région. Cette visite en Chine était la première d’un Haut-Commissaire aux droits de l’homme en 17 ans. Elle a fait suite à d’âpres négociations entre l’ONU et Pékin.

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Depuis, les ONG exigent avec insistance que l’ancienne présidente chilienne publie le rapport. Jeremy Laurence, porte-parole du Haut-Commissariat, a expliqué que «cette évaluation a été préparée dans le cadre du mandat global du Haut-Commissaire pour la promotion et la protection des droits de l’homme».

«À la suite des allégations de violations des droits de l’homme à l’encontre des Ouïghours et d’autres minorités majoritairement musulmanes qui ont été portées à l’attention de ce Bureau depuis fin 2017, et des récits contradictoires autour de la situation sur le terrain, la Haute-Commissaire avait informé le Conseil des droits de l’homme en 2021 qu’une +évaluation indépendante+ était nécessaire», a-t-il indiqué début août à l’AFP.