Par David Collins, professeur en droit économique international à « City University of London » – Le partenariat régional économique global (RCEP) a été finalisé entre les dix nations de l’ASEAN, ainsi que cinq autres pays d’Asie-Pacifique, dont les poids lourds que sont la Chine et le Japon.

L’accord tant attendu, depuis de nombreuses années, donne la naissance au plus grand bloc commercial du monde en termes de PIB, éclipsant le Partenariat transpacifique global et progressif (CPTPP).

Comme la plupart des ALE modernes, le RCEP est axé sur la réduction des droits de douane sur les marchandises, avec un accès élargi au marché des services. L’un des objectifs du RCEP était de clarifier «les règles d’origine» déterminant le pays d’origine de fabrication des marchandises afin d’accéder à des tarifs plus bas.

La Chine est sur le point de tirer le meilleur parti de cette initiative car c’est le pays où la plupart des produits subissent leur transformation finale, ce qui garantit que la plupart des pays du RCEP sont liés à des chaînes d’approvisionnement centrées sur la Chine.

Le RCEP est également historique parce qu’il s’agit du premier ALE dans lequel la Chine (avec les autres signataires) accepte de règlementer le commerce numérique, permettant la libre circulation des données et interdisant la localisation des données, bien qu’il ne soit pas surprenant que cette règle soit soumise plus tard à de larges exceptions de sécurité nationale et d’ordre public.

Un certain nombre de restrictions d’accès au marché chinois demeurent cependant, notamment pour les investisseurs étrangers dans des secteurs tels que le génie génétique, l’agriculture et la pêche.

Bien que l’Inde se soit retirée des négociations du RCEP par crainte de ne pas pouvoir résister à la concurrence, en particulier de la Chine, il ne fait aucun doute que le RCEP a déplacé le centre de gravité économique du monde vers l’Asie Pacifique.

La pression s’exerce sur les États-Unis pour qu’ils reviennent à la table des négociations du RCEP, qui ressemble largement aux engagements qu’ils ont déjà pris dans le cadre de l’USMCA nord-américain, afin d’obtenir une part du gâteau.