En dépit du battage médiatique et diplomatique autour de la région autonome du Xinjiang, le tourisme explose. Même si la région est frappée par des attentats, les visiteurs sont tenus éloignés des problèmes politiques, arpentant un vaste territoire naturel et culturel.

Le nombre de visiteurs – essentiellement chinois – a augmenté au Xinjiang de 40% en 2018 selon les statistiques officielles, soit bien plus que la moyenne nationale de 25%. « Cette progression s’explique par le contexte sécuritaire désormais très stable de la région« , a expliqué la gérante d’une agence de voyage.

« Les touristes ne sont pas forcément habitués au haut degré de sécurité mais ils s’adaptent vite« , a assuré cette dernière à l’Agence France Presse. Les touristes sont cependant tenus à l’écart des « centres de formation professionnel », qui est dossier le plus controversé de la politique de sécurisation de la région.

« Pour un touriste qui suit un itinéraire bien défini, tout semble normal« , a souligné Rachel Harris, professeur de culture et musique ouïghoures à l’Ecole des études orientales et africaines (SOAS) de Londres. Mais pour les journalistes, diplomates et chercheurs, il est plus difficile de se rendre dans la région ou dans les camps de détentions.

En 2020, les autorités du Xinjiang se sont fixés comme objectif 300 millions de visites touristiques par an, soit le double du nombre de visites en 2018. Cela devrait engendrer 600 milliards de yuans (77 milliards d’euros) de revenus, selon le Bureau régional du tourisme.