Des affrontements ont opposé le 13 juillet la police et des manifestants à Hong Kong. Ce mouvement de protestation anti-gouvernement s’en est pris aux commerçants venus de Chine continentale pour s’approvisionner dans le territoire.

La police a utilisé du gaz poivre et des matraques contre des manifestants masqués à Sheung Shui, localité située près de la frontière avec la Chine. Des milliers de personnes se sont retrouvés pour manifester contre ces «commerçants parallèles».

Les dizaines de pharmacies ou magasins de cosmétiques de Sheung Shui sont très populaires parmi les commerçants de Chine continentale qui s’y approvisionnent. D’autant plus qu’il n’y a pas de taxe sur le chiffre d’affaires, leur permettant de les revendre de l’autre côté de la frontière.

Les «commerçants parallèles» font marcher les affaires en zone frontalière, mais ils sont surtout une cause de de tensions pour les habitants. En effet, «les loyers ont grimpé. Les autres petits magasins ou restaurants ne peuvent survivre. La région tout entière est devenue un site pour approvisionner les commerçants parallèles au lieu des habitants locaux», a expliqué à l’Agence France presse, un des manifestants.

Dans un communiqué, la police a expliqué s’être déployée après que des manifestants ont commencé à se disputer avec des habitants et «tenté de charger des policiers qui intervenaient». Les manifestants accusent la police d’avoir chargé sans préavis.

Depuis plusieurs semaines, des manifestations massives sont organisées tous les week-end. Cependant, en marge de celles-ci ont éclaté de violents affrontements avec la police.

Au départ, les manifestations ont été organisé contre le projet de loi du gouvernement pro-Beijing, qui voulait autoriser les extraditions vers la Chine continentale. Ce texte a depuis été suspendu, mais la contestation s’est élargie, se transformant en un vaste mouvement pro-démocratie dans le territoire semi-autonome.

L’arrivée massive de touristes et d’immigrants venus de Chine continentale a provoqué ces dernières années un rejet croissant des chinois du continent. Certains manifestants vont jusqu’à les qualifiaient de «sauterelles».

Un million de Chinois environ ont émigré à Hong Kong depuis la rétrocession en 1997, une cause de friction dans une ville de 7,3 millions d’habitants qui fait face à une importante pénurie de logements et un coût toujours aussi élevé de l’immobilier.