Le Fonds monétaire international (FMI) a réaffirmé le 9 août que la valorisation du yuan chinois correspondait globalement aux fondamentaux de l’économie. Cependant, l’institution encourage les autorités chinoises à favoriser la flexibilité du taux de change et à réduire ses interventions.

Le taux de change effectif réel moyen en 2018 s’est apprécié d’environ 1,4% par rapport au niveau de 2017, notamment en raison de l’appréciation du taux de change effectif nominal (TCEN, 1,5%), a indiqué le FMI dans son rapport après avoir terminé la consultation annuelle au titre de l’Article IV visant à passer au crible l’économie chinoise.

Selon le rapport, l’excédent des comptes courants de la Chine en 2018 a vu sa proportion sur le produit intérieur brut (PIB) diminuer de 1% pour atteindre 0,4%. Ce chiffre devrait rester contenu à 0,5% du PIB en 2019.

James Daniel, directeur du département Chine du FMI, a déclaré que l’évaluation des politiques économiques menées par Pékin avait conclu que le taux de change du yuan en 2018 n’était «significativement ni surévalué ni sous-évalué».

L’analyse du FMI sur le yuan diffère de celle des Etats-Unis, qui ont formellement accusé la Chine d’être «un manipulateur de devise» et d’entretenir à dessein la sous-évaluation du yuan.

Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a souhaité que le FMI contribue à «corriger» les avantages commerciaux déloyaux dont bénéficie selon lui la Chine.

James Daniel a refusé à dire comment le FMI allait répondre à cette demande. «Nos discussions avec le Trésor américain se poursuivent sur une série de sujets», a-t-il déclaré à la presse lors d’une téléconférence, reprenant les termes d’un communiqué publié auparavant.

Dans son rapport sur l’économie chinoise, le FMI estime que la Chine pourrait avoir besoin d’un soutien budgétaire accru si les tensions commerciales avec les Etats-Unis s’aggravaient et venaient à menacer sa stabilité économique et financière.

Le directeur du département Chine du FMI a expliqué qu’à ses yeux, les mesures déjà annoncées par Beijing sont suffisantes pour stabiliser la croissance cette année à condition que les droits de douane imposés aux produits chinois n’augmentent plus.

«Les administrateurs se sont accordés sur le fait que si les tensions commerciales augmentent encore, menaçant la stabilité économique et financière, un soutien accru, principalement budgétaire, serait requis et devrait être ciblé», a ajouté l’organisation internationale dans un communiqué.

« Le rapport du FMI a clairement montré qu’il n’y avait absolument pas de manipulation de devise de la part de la Chine, et que sa balance extérieure est demeurée appropriée », a confié à l’agence de presse Xinhua Jeffrey Sachs, conseiller de l’ONU et économiste de renom de Columbia University.

En ce qui concerne les prévisions du FMI qui montrent que le taux de change effectif réel a chuté de 0,2% par rapport au niveau moyen en 2018, Jeffrey Sachs a dit que la pratique unilatérale d’imposer des droits de douane supplémentaires par Washington « a certainement causé des dépréciations » de l’équilibre du taux de change effectif réel.

« La désignation de la Chine comme pays manipulateur de devise par le département américain du Trésor était manifestement une pratique arbitraire, capricieuse et à but politique, davantage basée sur les tweets de M. Trump plutôt que sur une analyse objective« , a-t-il conclu.

De son côté, Mark Sobel, conseiller au Centre d’études stratégiques et internationales à Washington et président américain du Forum des institutions monétaires et financières, a indiqué à Xinhua que le rapport au titre de l’Article IV a également noté que l’excédent chinois des comptes courants est « limité », représentant environ une moitié de 1% du PIB, et « les estimations montrent que la Chine n’est pas intervenue sur le marché des devises ».

« Ainsi, le rapport (au titre de l’)Article IV a clairement réfuté la récente allégation américaine selon laquelle la Chine manipulerait sa monnaie pour obtenir des avantages commerciaux concurrentiels injustes ou empêcher l’ajustement effectif de la balance des paiements », a fait remarquer M. Sobel, qui est également ancien représentant des Etats-Unis au FMI responsable des politiques financières auprès du Trésor américain.