Une nouvelle équipe dirigera la Chine en mars et lancera plusieurs réformes économique et politique, afin de relancer la dynamique du pays. D’ici là, le fonds souverain chinois CIC a décidé de réduire sa proportion de bons du Trésor dans les actifs de l’institution, afin de freiner l’interdépendance.

Lou Jiwei, chairman of the China Investment Corp (CIC)

Lou Jiwei, chairman of the China Investment Corp (CIC)

Face à la reprise économique relançant la hausse des taux d’intérêt américains, les chinois veulent prendre leur distance. Raison pour laquelle, Lou Jiwei, président du fonds souverain chinois CIC, a annoncé, le 14 janvier, son intention de diminuer la proportion de bons du Trésor américain dans les actifs de la CIC.

En 2011, la Chine possédait 1.160 milliards de dollars de dette américaine, la crise économique et financière du pays a poussé les autorités chinoises à se montrer plus sceptique sur la réelle volonté des États-Unis à régler la question de sa dette abyssale.
Mais pour éviter toute polémique et conflit, le gouvernement chinois a minimisé ses déclarations. D’autant que  les réserves de change de la Chine s’élevaient fin 2012 à 3.310 milliards de dollars.

Des pertes abyssales pour le CIC

Lou Jiwei a expliqué, lors d’un forum financier à Hong Kong, qu’il comptait diminuer la proportion de bons du Trésor américains non pas par peur de l’économie américaine, mais à cause de sa reprise économique.

« Avec la reprise économique, la hausse des taux d’intérêt américains ne saurait tarder et ces obligations vont donc se déprécier en valeur« , a expliqué ce dernier, ajoutant que « notre approche est une politique d’achats limités ».

Créé en 2007, afin de , le China Investment Corp (CIC) dispose Créé en 2007, le China Investment Corp (CIC) vise à diversifier les placements des réserves de change du pays, principalement en investissant dans des entreprises à l’étranger.

Cette institution dispose de 480 milliards de dollars d’actifs (+410 milliards d’euros) et est chargé d’investir une partie des colossales réserves de changes du pays, a expliqué Les Échos.

« La méthode du CIC est d’acheter relativement peu de dette américaine dans l’espoir d’allouer davantage de fonds à des actions et à d’autres actifs« , a expliqué le président du CIC, Lou Jiewei au quotidien Shanghai Securities News.

L’an dernier, le CIC a perdu près de 4,3% du montant de ses investissements, soit la première perte du fonds depuis 2008.
Mise en place d’un nouveau modèle économique

La déclaration de Lou Jiwei intervient quelques heures après l’annonce du gouvernement chinoise de la mise en place d’une « nouvelle administration chargée d’allouer une partie des réserves de change à des entreprises chinoises sous forme de prêts destinés à financer leur expansion à l’étranger« , a souligné le quotidien économique Les Échos.

Face aux incertitudes économiques internationales et particulièrement en Europe et au Japon, Lou Jiwei a expliqué que son fonds allait mettre l’accent sur des investissements plus stables : infrastructures, industrie et/ou immobilier.

Depuis quelques semaines, la Chine s’inquiète de la conjoncture économique des États-Unis, d’autant que l’Empire du milieu est la plus grande réserve mondiale de devises, évaluée à 3.300 milliards de dollars, y compris des emprunts du Trésor américain.

Bien que le marché américain soit un secteur important pour les exportations chinoises, les risques de contagion sont forts, d’autant que les deux pays sont liés économiquement.

CICPour Valérie Niquet, responsable du Pôle Asie à la fondation pour la recherche stratégique : « la Chine ne peut pas s’offrir le luxe de détruire l’économie américaine en retirant brutalement son argent des États-Unis : elle dépend des importations américaines et européennes, d’ailleurs, si sa croissance a autant ralenti cette année, c’est à cause de la fermeture progressive des marchés dans les pays développés, suite à la crise ».

Vers une année de réforme politique et économique

En mars prochain, Xi Jinping et Li Keqiang seront officiellement nommés aux postes de président et de Premier ministre. Cette année du serpent sera une période de profonds bouleversements pour le pays, que les deux hommes devront menés, s’ils veulent maintenir leur pays sur la voie de la croissance économique et de la stabilité sociale.

Dans le contexte actuel, les sept empereurs représentent « une petite révolution dans un pays jusqu’alors étouffé par le formalisme de ses élites politiques », a analysé Les Échos.

Avant même l’entrée en fonction des nouveaux dirigeants de la Chine, plusieurs mesures ont été lancé, parmi lesquelles une campagne ardue contre la corruption.

Celle-ci devrait toucher l’ensemble des cadres de niveau intermédiaire. De nouvelles directives ont d’ailleurs été édictées, stipulant que les officiels doivent « tout faire pour aller au plus près de leurs administrés, de se rendre dans les zones difficiles ».

Les médias auront de leur côté la tâche de « ne couvrir les déplacements des dirigeants qu’en fonction de l’intérêt réel de ces derniers pour le spectateur ou le lecteur », ont assuré les officiels chinoise.

Sur le plan économique, le changement de modèle économique avec l’intention de redynamiser la consommation intérieure, réduire l’inflation et trouver d’autre partenaires économiques et commerciaux qu’en Occident.

De plus, la société chinoise se modifie avec l’émergence de revendications et d’interrogations sur le système scolaire qui marginalise les enfants nés hors des grandes villes, les salariés des grandes sociétés occidentales ou encore les mouvements de défense, certains nés sur Internet.