L’éducation préscolaire est le point faible de la Chine. Le sujet a été souligné dans le rapport du 19ème congrès national du PCC, en mettant en avant «l’importance des enfants dans l’avenir de la nation et dans l’épanouissement des familles».

Raisons pour lesquelles, le gouvernement propose de mettre en place une offre éducative diversifiée pour les enfants de moins de six ans, tout en se basant sur les technologies de l’information, comme internet.

«Les jardins d’enfants publics sont trop peu nombreux»

Liu Limin, vice-ministre de l’Éducation, a indiqué lors d’un point presse que «nous ne pouvons que faire le constat que les jardins d’enfants [école maternelle, en France] publics sont trop peu nombreux et que les établissements privés sont onéreux».

Ce dernier a déploré le développement ces dernières années, d’écoles préscolaires qui «n’étaient déclarées auprès d’aucune administration. Toutefois, il faut reconnaître que l’État alloue aujourd’hui davantage de moyens à l’éducation et que les jardins d’enfants sont mieux encadrés et de meilleure qualité».

À l’occasion d’une conférence sur le sujets, plusieurs intervenants ont fait part de leurs recherches et analyses, afin d’établir une série de propositions concrètes et précises sur le sujet. Wu Jinbi, secrétaire du Comité du Parti de Xinzhen (Fujian), a expliqué que «la redynamisation des régions rurales ne sera possible qu’en attirant les talents du pays». Mais pour cela, il faut trouver les raisons et apporter une solution à ce qui fait fuir ces talents.

Ce dernier a indiqué que «pour des raisons historiques, les établissements de qualité sont essentiellement concentrés dans les villes, tandis qu’il n’en existe presque aucun dans les campagnes». D’ailleurs, pour contourner le problème, une partie de la population rurale migre vers les villes, aggravant le dépeuplement des campagnes.

Pour Wu Jinbi, le développement des jardins d’enfants dans les régions rurales est entravé par trois facteurs principaux : le manque de moyens, le manque d’espace et l’absence, et jusqu’à maintenant, de projet concerté au niveau national.

De son côté, Liu Limin a admit que «les ressources allouées à l’éducation en milieu rural sont trop réduites ; d’ailleurs, de nombreuses régions n’incluent pas l’éducation préscolaire dans leur budget. Beaucoup sous-estiment l’utilité de l’éducation des enfants dans les campagnes, et investissent donc peu dans ce secteur».

Plusieurs préconisations envisagées

Le manque d’infrastructures entrave donc la construction et la gestion de jardins d’enfants, et le peu d’établissements existants n’attirent pas les enseignants qualifiés. Le vice-ministre a alors suggéré d’appliquer une stratégie de «rajeunissement des villages» pour développer l’éducation préscolaire en milieu rural.

Liu Limin a également encouragé la construction d’une école préscolaire dans chaque village des régions peu développées. De son côté, Wu Jinbi a recommandé l’augmentation des investissements de l’État dans la construction d’établissements préscolaires, l’achat de matériel, l’emploi d’enseignants et autres dépenses annexes …

Il pourrait également être envisagé d’aider au financement d’établissements privés qui, s’ils fonctionnent bien, seraient rachetés par l’État au bout de 10 ans et deviendraient publics.

En outre, les bâtiments inoccupés des écoles primaires et secondaires en milieu rural pourraient accueillir un public préscolaire. Wu Jinbin a également suggéré l’uniformisation du recrutement, de la gestion et du salaire des enseignants du préscolaire dans les campagnes.

Le développement des établissements préscolaires ruraux devra passer par l’adoption de certaines mesures dans les établissements urbains : permettre aux directeurs exerçant en ville de se rendre dans les régions rurales pour partager leurs compétences, encourager les enseignants à se rendre dans les régions rurales et promouvoir l’organisation de rencontres entre élèves et personnels des campagnes et des villes. Objectif de ces mesures : aligner le niveau général des établissements ruraux à celui des établissements urbains.

Préscolarisation des enfants de travailleurs migrants : l’état responsable