L’éducation préscolaire est le point faible de la Chine. Le sujet a été souligné dans le rapport du 19ème congrès national du PCC, en mettant en avant «l’importance des enfants dans l’avenir de la nation et dans l’épanouissement des familles».

Raisons pour lesquelles, le gouvernement propose de mettre en place une offre éducative diversifiée pour les enfants de moins de six ans, tout en se basant sur les technologies de l’information, comme internet.

L’éducation préscolaire, nouvel axe de développement

Lors de la réunion dédiée à la préscolarisation, Su Qiong, responsable du contrôle qualité de l’entreprise Fujian Billion Polyfiber Industrial Co., Ltd, a évoqué le problème de la préscolarisation en ville des enfants de travailleurs migrants.

Les migrants travaillent dans les entreprises et chantiers des villes et zones périurbaines sans posséder le hukou, le permis de résidence de la ville dans laquelle ils travaillent. Ils ne peuvent donc pas légalement inscrire leurs enfants dans les écoles publiques de la ville.

Cette dernière a fait part de ses constations, pointant du doigt le bas salaire des enseignants, la faible qualité de l’enseignement et les frais d’inscription trop élevés. «Ces frais sont particulièrement problématiques. Les familles doivent débourser deux fois plus d’argent pour inscrire leur enfant dans un établissement privé que dans le public», a déploré Su Qiong.

Dans la ville de Shishi (Fujian), les frais de scolarité s’élèvent en moyenne à 2 000 yuans  (1 600€) par semestre, tandis que les établissements préscolaires privés en demandent entre 3 500 et 5000 yuans (2 870€ à 4 100€). Les familles doivent ainsi débourser entre 7 000 et 10 000 yuans (5 740€ 8 200€) par an et par enfant. Alors que le salaire des travailleurs migrants est de l’ordre de 3 000 à 5 000 yuans (2 460€ à 4 100€) par mois.

«Les frais seraient multipliés par deux si le couple avait deux enfants. La situation est alarmante», a indiqué cette dernière. Elle préconise «soit il faut autoriser les enfants des travailleurs migrants à fréquenter les établissements préscolaires publics, soit il faut donner à ces familles le moyen de payer les frais de scolarité des écoles privées».

«Le pays doit reconnaître officiellement la contribution des travailleurs migrants dans le développement économique des villes», a ajouté Su Qiong, qui considère que l’État doit financer le développement, la construction et la rénovation des établissements préscolaires, et notamment dans les régions où ces écoles manquent.

Cette dernière a estimé que si un travailleur migrant habite la région et occupe le même poste depuis plus de trois ans, qu’il a signé un contrat de travail et cotisé à la sécurité social sans discontinuer, alors ses enfants doivent pouvoir accéder aux établissements publics. Si les places sont limitées, alors ils ne doivent pas être discriminés.

«On pourrait par exemple envisager de mettre en place un système de tirage au sort pour que tous les enfants soient sur un même pied d’égalité. Il me paraît également primordial que l’État verse des prestations sociales annuelles aux familles qui ne disposent pas des ressources financières suffisantes pour inscrire leurs enfants dans les établissements scolaires du pays, et notamment les écoles préscolaires», a suggéré Su Qiong.

Concernant les établissements privés, Su Qiong propose que l’État verse une aide aux familles, impose des restrictions sur les frais d’inscription et renforce les inspections : «il faudrait que l’éducation préscolaire soit progressivement rendue obligatoire dans tout le pays, de sorte que les enfants des travailleurs migrants puissent y avoir accès».