Quelques heures avec un échange entre Joe Biden et Xi Jinping, les Etats-Unis ont fait savoir le 17 mars que la Chine s’exposerait à des représailles si elle devait « soutenir l’agression russe » contre l’Ukraine.

« Nous sommes préoccupés par le fait qu’ils envisagent d’assister directement la Russie avec de l’équipement militaire qui serait utilisé en Ukraine. Le président Biden va parler au président Xi Jinping, le 18 mars, et lui dira que la Chine portera une responsabilité pour tout acte visant à soutenir l’agression russe, et que nous n’hésiterons pas à lui imposer des coûts », a expliqué le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken.

« Nous voyons avec préoccupation que la Chine réfléchit à apporter à la Russie une assistance militaire directe« , a-t-il ajouté.

C’est l’avertissement le plus clair lancé par les Etats-Unis à la Chine depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Il intervient à quelques heures d’une conversation entre les présidents américain et chinois.

Cet entretien vise à « garder les canaux de communication ouverts entre les Etats-Unis et la République populaire de Chine », a affirmé dans un communiqué la porte-parole de l’exécutif américain Jen Psaki.

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Le maintient des échanges est une préoccupation constante du président américain, Joe Biden. Ce dernier estime que les Etats-Unis et la Chine sont voués à se livrer une concurrence impitoyable, tout en conservant un dialogue suffisant pour que cet affrontement ne soit pas source de conflit armé au niveau international.

Les deux dirigeants discuteront de cette « concurrence » entre Washington et Pékin « ainsi que de la guerre de la Russie contre l’Ukraine et d’autres questions d’intérêt commun », a précisé Jen Psaki.

Les Etats-Unis avaient déjà jugé « profondément préoccupante«  la position « d’alignement de la Chine avec la Russie » face à la guerre en Ukraine, après une très longue rencontre récente à Rome entre le conseiller à la sécurité nationale américain, Jake Sullivan, et Yang Jiechi, plus haut responsable de la diplomatie du Parti communiste chinois.

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Depuis le début de l’invasion russe le 24 février, la Chine s’est abstenue d’appeler le président russe Vladimir Poutine à retirer ses troupes d’Ukraine. Mais l’« amitié sans limite » entre Pékin et Moscou est mise à l’épreuve par la guerre en Ukraine.

Xi Jinping semble, selon certains médias occidentaux, avoir été surpris par la résistance ukrainienne à l’offensive russe et par l’intensité des sanctions occidentales.

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Washington ne souhaite pas d’une éventuelle assistance militaire à la Russie, mais surtout que la Chine aide à Moscou à atténuer l’impact de ces sanctions économiques, sans précédent, visant à étrangler financièrement et économiquement la Russie.

« La priorité du président Biden (pendant la conversation) sera de demander à la Chine de ne pas donner à la Russie les moyens de compenser les sanctions internationales, et de ne pas envoyer d’équipements pour la machine de guerre russe en Ukraine », a expliqué à l’Agence France Presse, Ryan Hass, expert auprès de l’institut de recherches Brookings, et ancien conseiller du président Barack Obama pour la Chine.

De son côté, Xi Jinping « doit arbitrer entre diverses priorités. Il accorde beaucoup d’importance au partenariat avec la Russie, mais il ne veut pas saper les relations avec l’Occident », dont la Chine dépend « pour son accès à certaines technologies de pointe », a indiqué cet expert.

Pour Ryan Hass, « les intérêts de la Chine et de la Russie ne sont pas alignés. Poutine veut dynamiter le système international alors que le président Xi se voit comme l’architecte d’un nouvel ordre international ».