Les étudiants chinois sont devenus les victimes collatérales de la guerre commerciale et technologique entre la Chine et les Etats-Unis : refus de visa, durcissement des règles, avenir professionnel incertain …

Environ 363 000 Chinois étudient aux Etats-Unis, dont 36% dans des filières sciences et technologies, ingénierie et mathématiques, selon l’Institut de l’Education Internationale (IIE), un organisme américain basé à New York.

Depuis mars 2019, leur nombre a chuté, ce qui est une première en 10 ans. « Ça a été un coup de massue pour les étudiants. Ils sont maintenant dans l’incertitude. Ils se demandent s’ils pourront terminer leurs études » aux Etats-Unis, a expliqué Gu Huini, fondatrice de l’organisme de formation Zoom In, à l’Agence France Presse.

Entre les délais de délivrance des visas plus longs, la crainte d’être exclus des projets de recherche aux Etats-Unis, voire inquiets pour l’insécurité dans le pays, les étudiants chinois cherchent à étudier dans d’autres destinations.

Cette situation devient un manque à gagner pour les universités et de fait l’économie américaine. De grandes universités américaines, comme Yale et Stanford, se sont plaintes que la guerre commerciale qui impacte le recrutement.

En effet, les étudiants chinois ont rapporté 13 milliards de dollars (11,44 mds €) en 2018, d’après la Nafsa, association américaine consacrée aux échanges internationaux d’étudiants.

Le Royaume-Uni, l’Australie et le Canada sont les destinations préférées des étudiants, selon un sondage réalisé en mai par New Oriental, le spécialiste des cours privés en Chine. Le Japon et la Corée du Sud et certains pays d’Europe, en particulier l’Allemagne et les pays scandinaves dotés de solides programmes d’ingénierie, connaissent également une augmentation du nombre de demandes, selon l’enquête.

Rafael Reif, le président du prestigieux MIT (Massachusetts Institute of Technology), a écrit la semaine dernière dans une lettre ouverte que les étudiants et les professeurs se sentaient « injustement scrutés, stigmatisés et sur les nerfs à cause de leur seule ethnicité chinoise ».

De son côté, Li Shaowen organise des visites d’établissements universitaires étrangers. En effet, cette année, « nous avons plus de 250 familles qui visitent des universités en Europe et au Royaume-Uni pendant les vacances d’été, contre 75 seulement aux Etats-Unis », a expliqué ce dernier à l’Agence France Presse. « L’an dernier, c’était l’inverse. »

Pour désamorcé la situation, le président américain Donald Trump a annoncé fin juin que les étudiants chinois seraient désormais traités « comme tout le monde », après avoir conclu une trêve dans la guerre commerciale son homologue chinois, Xi Jinping, lors du sommet du G20.