Les forces philippines et américaines ont simulé le 9 mai 2018 une opération de débarquement sur une plage de mer de Chine méridionale, dans le cadre de manœuvres annuelles bilatérales.

Les manœuvres se sont déroulées sur une base navale à 180 km à l’est du récif de Scarborough, contrôlé par la Chine mais également revendiqué par les Philippines. Conscient du dilemme, l’état major philippin n’a pas évoqué la Chine lors de la conférence de presse sur ces exercices militaires.

Le général philippin Emmanuel Salamat a expliqué que «nous sommes une Nation insulaire, ce qui explique qu’il nous faut améliorer nos capacités amphibies», ajoutant que «nous ne nous préoccupons pas de Scarborough. Nous nous préoccupons de ce que nous faisons ici».

Sur la base de 9 points historiques, les autorités chinoises revendiquent la majorité de la mer de Chine méridionale où des pays voisins ont aussi des prétentions souveraines : Taïwan, Vietnam, …

9 neuf pointillés cruciaux pour Beijing

Les manœuvres philipo-américaines,  dites «Balikatan», sont considérées depuis des années comme une démonstration de force face aux prétentions de la Chine dans la zone.

Le président philippin Rodrigo Duterte avait menacé de stopper ces exercices, cherchant améliorer les relations économiques, politiques et militaires avec la Chine. Avant une visite en Chine  en 2016, il avait déclaré que les exercices militaires conjoints avec les Etats-Unis étaient une «humiliation». Malgré cela, l’état major philippin serait parvenu à le convaincre d’engager ces exercices, le 9 mai 2018.

Quatre semaines plus tard, le ministre philippin des affaires étrangères Alan Peter Cayetano a réaffirmé la politique d’engagement du président Rodrigo Duterte avec la Chine concernant la question de la mer de Chine méridionale.

«Nous ne voulons pas de confrontation, nous voulons communiquer, dialoguer. Travaillons avec la Chine parce que ça c’est la diplomatie», a-t-il déclaré lors d’un point de presse. Ce dernier a prôné le dialogue et assuré qu’un raffermissement des liens commerciaux avec la Chine était plus productif à ses yeux.

«Manille continuera de traiter la question de la mer de Chine méridionale de manière bilatérale avec Beijing», a indiqué Alan Peter Cayetano, affirmant que le recours à la «diplomatie du mégaphone» ne résoudra pas les différends.

«Nous avons mis en place un mécanisme bilatéral de consultation. Je tiens à préciser que notre politique est que nous ne voulons pas de guerre», a noté le chef de la diplomatie philippine, soulignant que Manille cherche plutôt à voir les relations bilatérales «dans leur globalité».

Les Philippines prêtes à partager la mer de Chine