A 4 jours de la décision de la Cour permanente d’arbitrage, les autorités philippines tentent d’apaiser Beijing, en assurant « être prêtes à partager les ressources naturelles des régions disputées de la mer de Chine méridionale même si un tribunal international tranchait en leur faveur« , a déclaré ce vendredi à l’AFP le ministre des Affaires étrangères, Perfecto Yasay.

Le nouveau gouvernement du président Rodrigo Duterte souhaite ouvrir rapidement le dialogue avec la Chine après le jugement de la Cour permanente d’arbitrage, afin de négocier l’exploitation conjointe des réserves de gaz naturel et de la pêche dans la zone économique exclusive des Philippines.

« Nous pourrions même avoir pour objectif de voir comment nous pouvons explorer conjointement ce territoire. Il s’agit de voir comment nous pouvons utiliser et bénéficier mutuellement de ces ressources dans la zone économique exclusive où les revendications se chevauchent« , a-t-il expliqué dans un entretien avec l’Agence France Presse.

Intronisation de Rodrigo Duterte, président des Philippines

Intronisation de Rodrigo Duterte, président des Philippines

Depuis son intronisation, le 30 juin, Rodrigo Duterte est plus conciliant envers Beijing que l’ancien président Benigno Aquino, qui avait saisi la CPA en 2013, pour faire valoir que les revendications chinoises sont une violation de la convention des Nations Unies sur le droit de la mer. D’ailleurs, Benigno Aquino avait refusé tout dialogue direct avec la Chine, comparant l’expansionnisme chinois à l’Allemagne nazie en Europe avant la Seconde guerre mondiale.

Le ministre des Affaires étrangères, Perfecto Yasay, a assuré que « les déclarations que nous allons faire viseront à renforcer nos relations avec tout le monde, afin de nous assurer qu’il n’y ait aucun obstacle sur la voie des négociations pour une solution pacifique à cette question« .

De son côté, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, a annoncé jeudi 7 juillet, que la décision d’arbitrage concernant la mer de Chine méridionale « n’affecterait pas son intégrité territoriale ni ses droits maritimes en mer de Chine méridionale ».

Ce dernier a réitéré la position du gouvernement, qui « n’accepterait, ni reconnaîtrait aucun résultat de l’arbitrage concernant la mer de Chine méridionale », affirmant que « la Chine a une souveraineté indiscutable sur les îles en mer de Chine méridionale et les eaux adjacentes ».

Lors de sa rencontre avec le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, le 7 juillet, le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, avait indiqué que « le refus philippin du dialogue et son lancement unilatéral de l’arbitrage avaient violé l’esprit de l’état de droit international et déformé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (UNCLOS), ce qui n’était pas favorable à une solution pacifique des différends« .

Wang Yi a assuré que « les Philippines aggraveront les tensions en mer de Chine méridionale et seront repoussées par les pays et les peuples qui soutiennent la justice ».