Depuis le début de la crise financière en 2008, les relations sino-européennes se sont intensifiées, devenant indispensable, cependant les échanges économiques et financiers sont des sujets de tensions, qui devraient durer avec la conjoncture actuelle.

photo chine standardConsidérée comme un « sauveur » possible de la zone euro, lors du pic de la crise de la dette souveraine en 2011, la Chine est devenu un allié nécessaire pour renflouer les fonds européens. Mais l’échec des négociations a poussé la Chine à se mettre en retrait.

Bien qu’elle investit massives dans le Vieux continent, particulièrement dans les secteurs des NTIC, matière première, textile et l’industrie, la commission européenne a annoncé l’instauration de mesures destinées à restreindre l’accès des entreprises chinoises au marché européen.

Stratégie du bras de fer

L’accès au marché chinois reste difficile pour les entreprises européennes, raison pour laquelle la Commission européenne chargée du commerce tente de mettre en place des textes juridiques et des lois visant à empêcher la Chine de bloquer ces entreprises au sein du marché.

L’UE veut tout d’abord éviter aux entreprises chinoises de candidater aux offres publiques européennes. Si l’Europe ferme ses marchés publics aux entreprises ne respectant pas « les règles du jeu », dont la Chine, les autorités chinoises pourraient prendre cela comme « une déclaration de guerre », car « contrairement à ce que l’on peut penser, ils ont encore plus besoin de nous que nous d’eux », a expliqué selon Françoise Nicolas, de l’Institut français des relations internationales.

La stratégie du bras de fer entre les deux parties porte pour l’un sur sa volonté d’intégrer des marchés abritant plus de d’1 milliards de chinois et pour le second, « l’arrêt des restrictions sur les importations d’armes, en vigueur depuis Tien An-Men, des concessions sur la protection intellectuelle, pour favoriser les transferts technologiques et l’octroi du statut d’économie de marché, qui les protégerait de poursuites devant l’OMC pour plusieurs infraction au libre commerce », a expliqué à Libération, le député européen Vert, Philippe Lamberts, membre de la commission des Affaires économiques.

Pour Françoise Nicolas, « les chances pour que la Chine accepte d’ouvrir ses marchés publics aux étrangers sont infimes. De plus, les négociations qui se déroulent à l’OMC pour leur ouverture ne se concentrent que sur ceux émis au niveau gouvernemental. Rien n’est dit sur le niveau local, qui représenterait pourtant beaucoup plus d’opportunités pour nos entreprises ».

Raison pour laquelle, les Européens ne sont pas réellement prêts à actionner des leviers comme l’embargo sur les armes, car pour l’instant, les mesures de rétorsions et les procédures devant l’OMC devraient continuer de prévaloir.

Une dépendance commerciale conséquente

Conscient du poids de la Chine et des possibilités en son sein et à l’extérieur, l’Union européenne appelle la Chine à l’application du principe de « réciprocité » ou de contrat « gagnant-gagnant » dans les échanges commerciaux.

Les dirigeants européens contestent les pratiques chinoises, surtout les textes législatifs et le monopole des entreprises d’État sur le marché chinois qui entrent frontalement en concurrence avec les entreprises européennes sur place. A contrario, l’UE tente de protéger son marché intérieur des entreprises chinoises, qui parviennent à produire à moindre coût et plus rapidement.

En janvier 2012, Karel De Gucht, commissaire au commerce de l’UE, a évoqué le travail réalisé autour d’un projet de loi visant à interdire l’accès des entreprises chinoises aux marchés publics européens, qui s’appliquerait dès mars si la Chine ne s’ouvre pas son marché. Ce dernier a dénoncé les « pratiques commerciales nationalistes« , telles que les « subventions massives » et la « volonté de garder un monopole sur les matières premières ».

De leurs côtés, les institutions internationales, dont l’OMC ont donné raison aux États-Unis et à certaines entreprises européennes, ayant attaqué la Chine pour antidumping. Ainsi l’organisation mondiale du commerce a condamné les restrictions imposées par Beijing à l’exportation de matières premières utilisées dans de nombreux domaines, tels que les équipements médicaux aux CD, le secteur automobile, les réfrigérateurs, la métallurgie non ferreuse et les batteries de voitures.

François Lemoine du Centre d’études prospectives et d’informations internationales, a expliqué que ces tensions donnent « l’impression d’une petite guérilla entre la Chine et l’UE ».

Mais « ce n’est pas quelque chose de nouveau, l’Europe a toujours cherché à prendre des mesures pour restreindre les importations chinoises. Ce qui l’est plus, c’est que Pékin réagit aussi, avec la même méthode. Dans la conjoncture économique actuelle et à venir, il faut s’attendre à une augmentation des conflits commerciaux. Le marché mondial est moins dynamique et la Chine souhaite maintenir la croissance de ses exportations ».