Après deux jours de débats, les participants de la 5ème conférence ministérielle entre la Chine et les représentants des 50 pays africains en collaboration et l’Union Africaine, a abouti à la publication d’une déclaration commune.

lafarguecartechineafriqueParmi les mesures prises au cours de cette rencontre, l’augmentation de 50% des aides destinées aux pays africains aura été la plus commenté par les médias. En effet, la Chine est ainsi devenue « la puissance économique dominante en Afrique », car elle « favorise la croissance des pays du continent » a estimé à Le Monde, Mathieu Pellerin, chercheur à l’IFRI sur le programme Afrique.

Réunit sous le thème « Consolider les acquis et ouvrir de nouvelles perspectives pour le nouveau partenariat stratégique sino-africain« , l’ensemble des participations ont constaté les évolutions des échanges afro-chinois, depuis la 4ème conférence ministérielle du forum sur la coopération en Égypte, en novembre 2009.

D’ailleurs, lors de son allocution, le président chinois Hu Jintao a annoncé le doublement des crédits au continent africain, pour un total de 20 milliards de dollars (plus de 16 milliards d’euros), afin de soutenir les infrastructures, l’agriculture, l’industrie manufacturière et le développement des PME. Cette aide représentait 10 milliards d’euros, il y a trois ans.

Unanimité sur la coopération instaurée

De nombreux dirigeants africains ont salué l’augmentation des échanges entre les deux parties, dans le cadre d’un contrat « gagnant-gagnant », vivement critiqué par Hillary Clinton, en juin 2011.

Pour la chef de la diplomatie américaine, le rôle de la Chine en Afrique est du néo-colonialisme : « Nous ne voulons pas voir un nouveau colonialisme en Afrique », ajoutant que « Nous ne voulons pas voir (les investisseurs chinois, ndlr) saper la bonne gouvernance en Afrique. »

De son côté, le ministre tanzanien des Affaires étrangères, Bernard Membe, a indiqué dans les médias chinois et africains que « l’Afrique était ravie de voir que la Chine s’était engagée avec tout pays qui cherchait la coopération, et qu’elle avait investi dans tous les grands secteurs économiques ».

Selon le ministre, la Chine a permit le développement des pays africains, en accordant des prêts concessionnaires et des dons pour des projets dans la construction, les infrastructures, l’agriculture, l’éducation et la santé.

De son Beijing est parvenu à répondre à ses besoins croissants en matière première, notamment de pétrole et minerai, afin de maintenir une croissance annuelle de 7%, seuil minimum à la création d’emploi en Chine.

Sur le plan international, Ban Ki-moon a indiqué que « la famille des Nations Unies s’est fermement engagée à soutenir la coopération Chine-Afrique. Le système des Nations Unies intensifie actuellement sa collaboration avec la Chine en matière de Coopération Sud-Sud, de manière que cela profite aux pays africains ».

Ce dernier a également préconisé le développement des énergies vertes entre les deux parties, ainsi que « la réduction de la pauvreté et le développement social, de sorte que davantage d’individus ici et en Afrique puissent voir à ce moment-là une différence dans leur vie ».

Consolider les relations

Pour consolider la relation sino-africaine, la Chine a annoncé le lancement d’une « Action pour l’amitié des peuples Chine-Afrique », destinée à « soutenir et promouvoir les échanges et la coopération entre les associations, les femmes et les jeunes Chinois et Africains ».

L’objectif est de créer sur le territoire chinois un « centre d’échanges de la presse Chine-Afrique », pour favoriser et soutenir « l’envoi réciproque de correspondants par leurs médias ».  

Dans la déclaration commune publiée à la clôture du forum, celle-ci indique que dans le cadre de l’approfondissement des échanges sino-africains, les 50 pays africains, la Chine et l’UA s’engagent à « intensifier davantage les consultations politiques et le dialogue stratégique » et « renforcer les échanges et la coopération entre les deux parties pour favoriser le fonctionnement de l’Architecture africaine de Paix et de Sécurité ».

Plusieurs objectifs ont été fixés : « accroître la coopération entre la Chine et l’UA ainsi que les organisations sous-régionales africaines », « rechercher activement et mettre pleinement en valeur les avantages comparatifs de part et d’autre pour élargir la coopération économique mutuellement avantageuse et le commerce équilibré » et   « renforcer les échanges et la coopération culturels et humains ».

Cette déclaration réitère les précédentes mesures prises conjointement et intensifie les échanges culturels et commerciaux dans le cadre de ce que les deux parties appellent un « partenariat stratégique sino-africain marqué par l’égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération et le gagnant-gagnant sur le plan économique et les échanges et l’inspiration mutuelle sur le plan culturel ».