Les relations sino-canadiennes devraient être difficiles dans les années à venir en raison du dossier du processus d’extradition de la chef de la direction financière de Huawei, Meng Wanzhou.

«Dans le cas de la Chine, c’est sûrement la crise diplomatique la plus importante depuis des relations diplomatiques en 1970. Malheureusement, ça risque de durer encore assez longtemps», a déclaré Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur du Canada en Chine.

Le Canada a lancé le processus d’extradition vers les États-Unis de Meng Wanzhou. Si elle est extradée, la fille du fondateur de Huawei devrait être citée à comparaître aux États-Unis sous plusieurs chefs d’accusation, notamment pour avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran et avoir volé des secrets industriels à T-Mobile.

Dans une interview accordée au journal «Québec matin», l’ancien diplomate a expliqué Meng Wanzhou et son équipe feront pour éviter l’extradition. «Vous pouvez être certains qu’ils vont vouloir étirer ça le plus longtemps possible. La Chine va vouloir continuer à exercer des pressions pour qu’on libère Mme Meng», a indiqué ce dernier.

Ce processus d’extradition pourrait prendre des années. Alors que la crise diplomatique entre la Chine et le Canada pourrait bien s’envenimer avec la mise en place de mesures de représailles.

«De mon expérience, dans le passé, ce qui se faisait, c’est qu’ils allaient du côté économique en annulant des contrats ou en créant des problèmes pour faire mal et accroître la pression», a souligné Guy Saint-Jacques.

Le diplomate conseille de tenter de renouer le dialogue avec la Chine pour éviter ces éventuelles représailles économiques et commerciaux. Selon lui, les acteurs économiques ayant de bons liens commerciaux avec la Chine pourraient jouer un rôle dans la reprise des discussions.

Auquel cas, le Canada peut espérer un accord entre Beijing et Washington, ce qui lèverait «par miracle» les accusations contre Meng Wanzhou.