Les banques de Chine ont lancé des offres de «retour aux sources» à des dizaines de sociétés chinoises cotées à Wall Street.

Alors que les tensions entre la Chine et les Etats-Unis menacent l’avenir des actions boursières chinoises d’une valeur estimée à 1 billion de dollars, les banques de Chine lancent une campagne de de «retour aux sources» à des dizaines de sociétés chinoises cotées à New York.

Plusieurs grandes entreprises de Chine ont déjà lancé des offres à Hong Kong, au moment où l’administration américaine de Donald Trump augmente la pression sur les entreprises chinoises qui négocient sur les marchés américains.

Le dernier en date était JD.com, le groupe d’e-commerce, qui a conclu avec succès une vente d’actions secondaires en Chine. En effet, JD.com a fait une arrivée en fanfare le 18 juin à la Bourse de Hong Kong, où l’action du géant chinois du commerce en ligne a bondi de plus de 5% lui permettant de lever quelque 3,6 milliards d’euros.

Dès les premières minutes de cotation des 133 millions de nouvelles actions en Chine, les titres ont gagné 5,75%, cotant 239 dollars de Hong Kong (HKD), soit 27,4 euros, alors que JD.com les a vendus au prix de 226 HKD l’unité.

« Nous venons à Hong Kong non seulement pour partager notre promesse et notre développement avec davantage de clients (…) mais aussi parce que nous avons une confiance absolue dans la Chine et l’avenir de l’économie chinoise », a assuré Xu Lei, l’un des responsables de JD.com, lors d’une cérémonie organisée par le groupe.

JD.com n’est pas la première entreprise chinoise cotée aux Etats-Unis à s’introduire à la Bourse de Hong Kong. En 2019, son concurrent Alibaba avait levé la somme considérable de 12,9 milliards de dollars. Début juin 2020, NetEase, géant chinois de l’internet et des jeux vidéo, avait lui aussi fait son entrée à la Bourse de Hong Kong en levant 2,4 milliards d’euros.

Ces incitations au retour en Chine interviennent après que le Sénat américain a adopté le mois dernier un projet de loi qui pourrait forcer les entreprises chinoises à se retirer des bourses américaines si elles ne respectaient pas les normes comptables américaines.

Les banques et les avocats affirment que de nombreuses autres sociétés chinoises cotées aux États-Unis pourraient suivre JD.com, ce qui signifie que Hong Kong pourrait en profiter largement. Les entreprises de Chine cotées aux États-Unis ont levé près de 20 milliards de dollars grâce à des inscriptions secondaires à Hong Kong depuis novembre.

Jusqu’à récemment, le centre financier asiatique n’avait «pas un grand bassin de sociétés technologiques chinoises de meilleure qualité», a déclaré Johnson Chui, responsable des marchés des capitaux propres pour l’Asie-Pacifique au Crédit Suisse.

Mais les réceptions positives pour les inscriptions secondaires en Chine, y compris celles de NetEase, « montrent qu’il y a une demande positive des investisseurs refoulés et le souhait que davantage de ces sociétés soient cotées à Hong Kong », d’après ce dernier.