Les versements de l’assurance chômage en Chine ont atteint un niveau record en juin, selon l’agence de presse, Reuters. Signe des difficultés du marché du travail, l’économie chinoise a été durement touchée par les épidémies de COVID-19 et une crise immobilière.

Les paiements du fonds d’assurance chômage de la Chine ont augmenté de 256,6% en juin par rapport à 2021 pour atteindre 37,19 milliards de yuans (5,42 milliards de dollars), selon les calculs de Reuters basés sur les données du ministère des Ressources humaines et de la Sécurité sociale. Ce chiffre est le plus élevé depuis le début de la série de données en janvier 2013.

La forte hausse des versements a entraîné un déficit de 22,74 milliards de yuans (3,29 mds €) dans le fonds en juin, se creusant par rapport à un déficit de 4,91 milliards de yuans (710 millions d’euros) en mai et contrastant avec les excédents mensuels de janvier à avril.

Le fonds d’assurance chômage de la Chine est financé par les employeurs, les employés et les subventions gouvernementales, et les dépenses visent à attribuer une aide pour les besoins de base des sans-emploi.

La Chine a été frappée par de strictes restrictions COVID-19 cette année, perturbant les chaînes d’approvisionnement et frappant les petites entreprises créatrices d’emplois.

Le taux de chômage des jeunes a atteint le niveau record de 19,9 % en juillet, alors que le taux de chômage urbain basé sur une enquête nationale a diminué à 5,4 % en juillet. Le gouvernement a annoncé en mai une subvention de 1 500 yuans aux entreprises pour chaque diplômé universitaire embauché.

La Chine vise à maintenir le taux de chômage urbain en dessous de 5,5% et à créer plus de 11 millions de nouveaux emplois urbains cette année, et généralement tous les ans afin d’éviter un mouvement social. Au cours des sept premiers mois de 2022, 7,83 millions de nouveaux emplois urbains ont été créés, atteignant 71,2% de son objectif annuel.

Les autorités ont minimisé la nécessité d’atteindre l’objectif de croissance économique annuelle d' »environ 5,5 % » en 2022, car les données restent assez moroses. L’agence Goldman Sachs a d’ailleurs abaissé les prévisions de croissance du PIB chinois pour l’ensemble de l’année 2022 à 3,0% contre 3,3% précédemment.

La Citi a également revu à la baisse ses prévisions de croissance pour l’ensemble de l’année à 3,5 % contre 3,9 % la semaine dernière. Pour Bruce Pang, économiste en chef chez Jones Lang Lasalle, « à court terme, la Chine pourrait continuer à subir la pression du marché de l’emploi, étant donné le ralentissement de la croissance du PIB qui crée moins d’emplois, l’atonie de la demande extérieure et intérieure, les petites et moyennes entreprises en difficulté et le nombre toujours élevé de diplômés universitaires depuis des années ».

« Stimuler la demande intérieure pour soutenir l’emploi reste une priorité politique, ce qui est essentiel mais difficile », a indiqué ce dernier à l’agence de presse, Reuters.