Les statistiques mettent en évidence un essoufflement de l’économie, admit par les autorités qui peinent «maintenir une croissance de 6% ou plus est très difficile».

Le vice-ministre chinois des finances, Liao Min, est actuellement aux Etats-Unis afin de préparer la reprise des négociations commerciales entre Beijing et Washington prévue en octobre.

Les chinois sont clairement sous pression, entre les cérémonies de préparation du 1er octobre marquant le 70ème anniversaire de la RPC, et le contexte économique.

Le premier ministre, Li Keqiang, en déplacement a Moscou, a reconnu que « pour la Chine, maintenir une croissance de 6 % ou plus [était] très difficile dans le contexte actuel d’une situation internationale compliquée ».

Beijing prévoit officiellement une croissance « comprise entre 6 % et 6,5 % » cette année, mais celle-ci s’est élevée à 6,3 % au premier semestre, sur un an. Li Keqiang évoque une «stabilité», mais la décélération de la croissance semble patente.

Au moment où ce dernier admet un ralentissement de l’économie, la croissance de la production industrielle est tombée à 4,4 % sur un an, son plus bas niveau depuis 2002. Si la consommation des ménages tient bon, elle est malgré tout en léger recul : 7,5% contre 7,6% en août.

De plus, en août, les ventes de voitures ont chuté de 9,9% par rapport à août 2018. Sur les quinze derniers mois, cet indice a baissé quatorze fois.
Depuis juillet, même les véhicules électriques piquent du nez, en raison des subventions moins accommodantes qu’auparavant. Après une baisse de 4,7% des ventes en juillet, celles-ci ont chuté de 16 % en août.

D’après un porte-parole du Bureau des statistiques «nous devons avoir à l’esprit que l’instabilité et les incertitudes au niveau international sont de plus en plus importantes».

La Banque centrale a ainsi réduit son taux de réserves obligatoires, afin que les banques accordent davantage de crédits aux entreprises privées. Cela revient théoriquement à injecter environ 900 milliards de yuans (environ 115 milliards d’euros) dans l’économie, mais, jusqu’à présent, ces mesures n’ont pas incité les établissements bancaires à prendre davantage de risques.

De plus, le ralentissement structurel de la croissance est accentué par la guerre commerciale avec les Etats-Unis. En août, les exportations ont baissé de 1% sur un an, et les importations, de 5,6%.

L’inflation reste certes inchangée à 2,8%, mais l’indice des prix à la production de biens industriels est négatif (- 0,8% sur un an). Toutefois, les prix du porc ont bondi de 46% sur un an, en raison de l’épidémie de peste porcine et des tensions avec Washington.