La directrice financière du géant chinois des télécoms, Huawei, est soupçonnée par les Etats-Unis d’avoir fraudé pour contourner les sanctions américaines contre l’Iran.

Selon les informations révélées durant l’audience dans un tribunal canadien, la justice américaine demande l’extradition de Meng Wanzhou, arrêtée au Canada à la demande des Etats-Unis.

Après plusieurs heures de débat, l’audience devant un juge de la Cour suprême de Vancouver a été ajournée et reprendra le 10 décembre. Le juge devrait seprononcer sur une éventuelle libération sous caution de Meng Wanzhou, qui d’ici là restera en détention dans la banlieue de Vancouver.

Cette dernière est soupçonnée d’avoir menti à plusieurs banques américaines sur les liens entre Huawei et l’une de ses filiales, SkyCom, ce qui a permis à cette société d’accéder au marché iranien en violation des sanctions américaines, a révélé John Gibb-Carsley, avocat représentant le gouvernement canadien.

Meng Wanzhou aurait personnellement nié auprès de banquiers américains, en 2013, tout lien direct entre Huawei et la société SkyCom, alors qu’en fait « SkyCom, c’est Huawei », selon les autorités américaines.

Membre du conseil d’administration de SkyCom, depuis une dizaine d’année, Meng Wanzhou aurait vendu la société, selon son avocat, David Martin. Mais, pour la justice américaine, le groupe chinois a conservé le contrôle de cette société après sa vente. De plus, les employés de SkyCom ont continué à utiliser les adresses électroniques, huawei.com.

Raisons pour lesquelles, le gouvernement a accusé Meng Wanzhou de « complot d’escroquerie au détriment de plusieurs institutions financières« , des chefs d’accusation passibles de 30 ans de prison chacun aux Etats-Unis, a révélé John Gibb-Carsley.

Ce dernier a refusé la remise en liberté conditionnelle de la fille de Ren Zhengfei, fondateur de Huawei en 1987, et ancien membre de l’armée chinoise. Pour elle, a de bonnes raisons de tenter de fuir le Canada et de rentrer en Chine.

Selon John Gibb-Carsley a possède les moyens financiers et pourrait profiter de l’absence de traité d’extradition entre la Chine et les Etats-Unis. Elle a « l’habitude d’éviter les Etats-Unis depuis qu’elle a pris conscience qu’une enquête criminelle la visait », a expliqué l’avocat.

De son côté, David Martin a assuré que sa cliente ne prendrait pas le risque de « faire honte » à son père, sa société et son pays en prenant la fuite. Elle s’engage par ailleurs à rendre ses passeports, à porter un bracelet électronique et à financer sa propre surveillance pendant la procédure.