L’hôpital de Bambao a été offert par la Chine à l’Union des Comores et inauguré en 2017. Tout neuf et entré en service depuis un an, il reste désespérément vide, faute de personnel pour le faire fonctionner et donc de patients pour y être soigné.

Financé par la Chine, le nouvel hôpital* Bambao-mtsanga, baptisé «Hôpital de l’amitié sino-comorienne», situé à 20km de la capitale anjouanaise Mutsamudu, aura coûté 4 milliards de francs comoriens (environ 8,1 millions d’euros).

D’une surface de 7 200 m2, sa capacité est de 120 lits. Il possède aussi une morgue, un incinérateur de déchets, et surtout, un service de radiologie et d’imagerie numérique. Les hôpitaux ne manquent pas aux Comores, ce sont les moyens humains : médecins spécialisés, etc. qui font défaut.

Dans les couloirs impeccables, seul un médecin urgentiste déambule dans l’hôpital. Le docteur Nourdine Said Ali a expliqué à Réunion1ère qu’il n’est pas débordé. «Il y a des services qui ne fonctionnent pas encore par manque de personnel» a indiqué le médecin, car «il reste beaucoup de choses à faire. Par exemple on pourrait subventionner les soins pour que les gens n’aient pas à payer beaucoup, et former des professionnels dans des spécialités qui n’existent pas ici».

Au manque de personne, le prix des soins est aussi un problème. Les comoriens sont habitués à la médecine gratuite dans des dispensaires sous équipés, financés par la France. A contrario, l’hôpital de Bambao ne bénéficie pas de programme d’aide sanitaire, tout y est payant et trop cher pour le revenu moyen des comoriens.

Certains observateurs comoriens déplorent que la livraison clé en main par les chinois, «mais sans aucun suivi. Le scanner est déjà en panne et il n’y a personne pour le réparer». Le Docteur Nourdine Said Ali espère que la coopération sino-comorienne se penchera sur le fonctionnement de l’établissement. Lui s’est spécialisé à Marseille et à la Réunion et a préféré rentrer au pays.