Li Chunyan, née en 1974, est médecin au village de Datang du district de Congjiang, dans la province du Guizhou. Elle est le dernier médecin aux pieds nus a exercé dans son cabinet, simple maison en bambou, dans son village.

En dépit des conditions de vie et de travail difficiles, elle reste fidèle à son serment : « servir le peuple corps et âme ».

Au fond des montagnes du Sud-ouest, elle soigne tous les 2 500 résidents du village, pour un salaire de 200 yuans. Témoin de l’évolution de la société, elle a expliqué à certains médias avoir constaté le changement progressif de l’état d’esprit des villageois, qui n’allaient plus «consulter un sorcier» mais «aller voir le médecin».

Diplômée en 2000, elle s’installe à Datang avec son époux, Meng Fanbin. Le jour de son mariage, son père lui aurait dit : «tu es la seule médecin du village. Qu’importe les difficultés, tu n’as pas le droit de partir. Soigne les paysans, soigne-les jour et nuit!».

À son arrivée au village, elle comprend que les habitants n’ont pas l’habitude de consulter un médecin. Principalement constitué d’habitants, issus de l’ethnie Miao, beaucoup n’avait même jamais vu de médecin. Elle ouvre alors un cabinet médical, avec le soutien de sa famille.

Cependant, l’extrême pauvreté des villageois ne leur permet pas de payer pour les consultations, ce qui se répercute sur les finances de Li Chunyan. Toutefois, la médiatisation de son histoire et son parcours, lui vaut l’aide de nombreuses personnes provenant d’horizons divers.

Elle parvient alors à rembourser ses propres dettes et à continuer d’accueillir ses patients dans son cabinet. Elle participe par la suite à des formations médicales professionnelles à Beijing et à Shanghai.

Son cabinet est agrandi et modernisé, avec l’ajout d’un dispensaire, une pharmacie, une chambre pour les malades, un bureau, et du matériel. Grâce à la mise en place du nouveau système d’assurance maladie des coopératives rurales, le taux de participation augmente chaque année, avec une moyenne par jour de 10 patients.

Elle est désormais « le pilier spirituel de ses patients ».

Le médecin aux pieds nus