lundi, mai 20

Li Shangfu, le nouveau ministre de la Défense

Allié du président chinois Xi Jinping, Li Shangfu a été nommé le 12 mars à la tête du ministère de la Défense, devenant la personne la plus surveillée par les États-Unis qui ont mis sous sanctions ce dernier depuis 2018.

Né en 1958, Li Shangfu est le fils du commandant de haut rang de la force ferroviaire de l’armée de l’APL, Li Shaozhu (1911-1995). Ce dernier a rejoint l’Armée rouge en 1932, il a survécu à la Longue Marche et a ensuite combattu pendant la guerre de Corée.

La mise en avant de ses liens familiaux par les médias signale l’importance du «sang rouge» de Li Shangfu en tant que facteur important de son ascension. Car, Xi Jinping lui-même est l’enfant d’un ancien du PCC, Xi Zhongxun. De plus, comme Xi Jinping, Li Shangu a grandi lors de la Révolution culturelle (1966-1976).

Li Shangfu ne laisse pas les États-Unis indifférents. Ce dernier a été sanctionné par les Etats-Unis, en septembre 2018 pour avoir conclu des « transactions significatives » avec le corps principal d’exportation d’armes de la Russie, Rosoboronexport. A cette époque, il était le directeur du Département du développement de l’équipement (EDD), l’institution chinoise d’armement.

Li Shangfu, nommé le 12 mars, est le nouveau visage de l’armée chinoise. Diplômé de l’Université nationale de technologie de la défense (NUDT) de l’APL en 1982, il est ingénieur de l’armement. Il a été le premier commandant adjoint et chef d’état-major de la « Force de soutien stratégique » de l’APL (PLASSF), une organisation créée le 31 décembre 2015, au début de la réforme militaire de Xi Jinping.

Le but de cet organisme est de faciliter les changements organisationnels dont l’APL avait besoin pour devenir une force de combat moderne. Dans ce cadre, Li Shangfu a certainement joué un rôle clé dans le réalignement des processus et des normes de recherche, de développement et d’acquisition (RD&A) de l’espace et des missiles de la Chine, selon The Diplomat.

Membre de la Commission Militaire Centrale (CMC), l’officier général Li Shangfu offre « une expertise technique sur la modernisation militaire et les questions spatiales » à cette commission de sept personnes sélectionnée par Xi Jinping, la plus haute autorité de décision militaire du parti-État chinois.

Il a servi pendant près de 31 ans au centre de lancement de satellites de Xichang de l’APL de 1982 à 2013, y compris en tant que commandant de 2003 à 2013. Il a eu un rôle dans la supervision du lancement de la première sonde lunaire de Chine en 2007, et a présidé au lancement réussi de la première sonde lunaire chinoise la même année. Son ascension reflète le développement sans précédent du programme spatial chinois depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping en 2012.

C’est notamment le signe que, dans un contexte de concurrence technologique féroce entre la Chine et les Etats-Unis, Pékin, continuera de prioriser l’aérospatiale dans son programme de modernisation de la défense pendant ce troisième mandat de Xi Jinping.

Li Shangfu a également négocié avec la Russie pour des transferts de technologies portant sur des chasseurs Su-35 et des missiles S-400 au profit de l’APL. C’est pour ces transferts qu’il fait l’objet de sanctions par Washington. Tous ses biens sur le territoire américain ont été bloqués, et ses transactions financières américaines et opérations de change ont été interdites par l’administration de Donald Trump.

Or le nouveau ministre est désormais un interlocuteur des États-Unis et entretient des relations avec son homologue américain, Lloyd Austin, qui n’a pas caché son animosité pour les autorités chinoises.

La Chine et les Etats-Unis font face à de vives tensions, en particulier depuis la visite de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants américaine, à Taïwan en août 2022. La Chine avait alors répliqué en procédant à des manœuvres militaires autour de l’île.

Depuis, les tensions ne se sont pas apaisées. Dernières affaire en date : la destruction d’un dirigeant chinois dans l’espace aérien américains, qui était accusé d’espionnage de la parti du gouvernement chinois.

Sur fond de guerre en Ukraine, les États-Unis ont mis en garde la Chine, le 26 février dernier, sur les conséquences possibles s’ils venaient à livrer des armes à la Russie.

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