L’Inde et la Chine ont commencé jeudi 8 septembre à retirer leurs troupes postées à leur frontière, plus de deux ans après un affrontement sanglant dans la région de Ladakh, a annoncé le ministère indien de la défense.

La Chine et l’Inde sont tombées d’accord pour commencer à «retirer les troupes du secteur Gogra-Hot Springs» à l’issue d’entretiens au plus haut niveau entre les responsables des armées, selon ce communiqué «commun» diffusé par New Delhi.

Cette décision est «propice au rétablissement de la paix et la tranquillité dans la zone frontalière», a estimé le ministère. Le ministère chinois de la Défense a également publié une déclaration similaire, selon le quotidien The Star.

Les commandants militaires de la Chine et de l’Inde ont tenu 16 séries de pourparlers depuis que des affrontements ont éclaté en 2020, à la frontière du Tibet et de la région indienne du Ladakh. Ces tensions étaient les premières depuis 40 ans entre les deux voisins dotés d’armes nucléaires.

Après cet accrochage meurtrier, les armées indienne et chinoise avaient dépêché des milliers de soldats en renfort le long de cette frontière contestée dans l’Himalaya. Ces heurts étaient les plus graves à opposer les deux puissances nucléaires, depuis la guerre éclair de 1962, qui avait vu la Chine l’emporter facilement sur l’Inde.

Le site du dernier désengagement se trouve près de la zone où au moins 20 soldats indiens et quatre soldats chinois ont été tués en juin 2020. C’est aussi l’effort le plus important pour apaiser les tensions depuis que les deux parties ont retiré des troupes d’un autre point frontalier contesté en août de l’année dernière.

La Chine et l’inde ont décidé de reculer leurs troupes de quelques zones de friction le long de leur frontière contestée de 3 488 kilomètres (2 170 milles) – mais des dizaines de milliers de soldats restent déployés face à face sur le terrain hostile.

Le processus de désengagement a été lent et progressif parce que les deux parties ne peuvent s’entendre sur les détails. La Chine n’est pas favorable à un retrait complet des zones de tension, mais souhaite que les deux pays retirent des troupes supplémentaires, des canons d’artillerie et des chars vers leurs bases d’origine.

L’Inde, qui a un terrain plus montagneux le long de la frontière, souhaite désengager ses troupes de ces points de friction, ne laissant que des troupes de réserve et du matériel juste derrière les zones contestées. Pour New Delhi, déplacer des troupes près de la frontière prend plus de temps que pour Pékin.