L’Otan a jugé que la Chine représentait un «défi» pour les «intérêts» et la «sécurité» des pays de l’Alliance, dans sa nouvelle feuille de route stratégique adoptée à l’occasion de son sommet de Madrid.

«Les ambitions déclarées de la Chine et ses politiques coercitives défient nos intérêts, notre sécurité et nos valeurs», ont assuré les 22 membres de l’Otan dans ce document baptisé «concept stratégique» et qui n’avait pas été révisé depuis 2010.

Pour la première fois, la Chine est évoqué dans un tel document. L’Otan dénonce en particulier «le partenariat stratégique approfondi» entre Pékin et Moscou «et leurs tentatives mutuelles de miner l’ordre international basé sur les règles». «La Chine emploie un large éventail d’outils politiques, économiques et militaires afin d’accroître son influence internationale (…) tout en restant opaque sur sa stratégie, ses intentions et son renforcement militaire», poursuit l’Otan.

L’Alliance dénonce notamment les cyberattaques «mal intentionnées», la «désinformation» et la «rhétorique de confrontation» de la Chine. «La Chine n’est pas un adversaire mais nous devons prendre en compte les conséquences pour notre sécurité quand nous (la) voyons investir lourdement dans de nouveaux équipements militaires» et tenter de «contrôler des infrastructures essentielles comme les réseaux 5G», a assuré le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg (Image de Une).

PEKIN DÉNONCE

« La Chine a exprimé sa préoccupation sévère et son opposition ferme au document de concept stratégique nouvellement publié par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN), affirmant qu’il était plein de mentalité de guerre froide et de biais idéologiques et s’en tenait à un mauvais positionnement d’un défi systémique de la Chine ».

Zhao Lijian, porte-parole de la diplomatie chinoise

Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a également déclaré que le document « encourageait la confrontation et les conflits, et était plein de mentalité de guerre froide et de biais idéologiques ».

« La Chine s’est gravement préoccupée de cela et s’y oppose fermement », a indiqué Zhao Lijian, qui a rappelé que « la Chine n’a jamais envahi aucun pays, n’a jamais mené une guerre par procuration, ni joint ou formé aucun bloc militaire ».

Ce dernier a souligné que « l’OTAN prétend être une organisation régionale et défensive, mais en fait, elle a franchi les régions et les domaines, constamment mené des guerres et tué des citoyens, et maintenant, l’OTAN a étendu sa portée dans la région Asie-Pacifique dans le but d’exporter la mentalité de guerre froide ».

Faire le battage médiatique de la prétendue « menace chinoise » est complètement inutile, a assuré Zhao Lijian, qui a exhorté l’OTAN à « cesser immédiatement de faire des accusations et des provocations infondées contre la Chine, à abandonner la mentalité de guerre froide et l’esprit de jeu à somme nulle dépassés ».

CONFRONTATION SUR TAIWAN

La Chine a élargi ses capacités militaires et son arsenal nucléaire tout en intimidant Taiwan et dans d’autres pays voisins, a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, le 29 juin.

Selon Stoltenberg, « la Chine n’est pas notre adversaire », mais « nous devons être clairs sur les défis graves qu’elle représente, « t nous devons continuer à supporter nos partenaires pour préserver l’ordre international fondé sur des règles ».

Zhu Fenglian, porte-parole du Bureau des Affaires de Taiwan du Conseil des Affaires d’Etat, a fait part de la « ferme opposition » de la Chine aux remarques « erronées » concernant Taiwan formulées par le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

« Taiwan fait partie de la Chine, et les compatriotes de Taiwan sont nos frères et soeurs », a déclaré la porte-parole, ajoutant que « nous avons pris des mesures conformément à la loi pour sanctionner les forces séparatistes cherchant l' »indépendance de Taiwan » et pour contrer l’ingérence des forces extérieures, ce qui est une démarche juste pour sauvegarder la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Chine ».

Selon elle, « ceux qui diffusent telles remarques erronées ont l’intention d’utiliser la question de Taiwan pour s’ingérer dans les affaires intérieures de la Chine ». Elle a exhorté les organisations et individus concernés à corriger leurs erreurs, à respecter fermement le principe d’une seule Chine et les normes fondamentales des relations internationales, et à cesser d’envoyer des signaux erronés aux forces cherchant l’« indépendance de Taiwan ».